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Printemps : quel rôle joue la météo sur la propagation du virus ?

Peut-on compter sur l’arrivée du printemps, et donc la hausse des températures, pour ralentir la propagation du virus ? [©GEORGES GOBET / AFP]

Alors que le virus circule toujours activement en France, à tel point que 16 départements sont actuellement confinés, peut-on compter sur l’arrivée du printemps, et donc la hausse des températures, pour ralentir sa progression ?

«Ce que je peux vous dire, c'est que grâce au printemps, le virus circule moins», a assuré le Premier ministre Jean Castex jeudi dernier en conférence de presse . Des épidémiologistes ont en effet observé que l'augmentation de la température diminue expérimentalement la survie du SARS-CoV-2. Les contaminations ont tendance à baisser en saison chaude et à augmenter durant la période hivernale et quand les taux d'humidité sont élevés. Toutefois, les conclusions restent approximatives et mitigées.

D’après une équipe spéciale de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), qui dépend de l’ONU, le retour des beaux jours ne doit pas être considéré comme un facteur majeur dans la lutte contre la pandémie. Et pour cause, les mécanismes sous-jacents qui déterminent la saisonnalité des infections virales respiratoires ne sont, à ce stade, «pas encore bien compris», précise-t-elle dans un rapport récemment publié.

«ne pas se fonder sur les conditions climatiques»

Selon cette équipe, qui regroupe 16 spécialistes des sciences de la Terre, de la médecine et de la santé publique, il convient ainsi «de ne pas se fonder sur les conditions météorologiques et climatiques, notamment le début de l’augmentation des températures dans l’hémisphère Nord au printemps, pour assouplir les mesures visant à freiner la propagation du virus».

Sans compter qu'au cours de la première année de la pandémie, des vagues de contamination lors des saisons chaudes et dans les régions chaudes ont été enregistrées. De ce fait, «rien ne prouve que cela ne pourrait pas se reproduire pendant l’année à venir», a souligné M. Ben Zaitchik, coprésident de l’Equipe spéciale et membre du Département des sciences de la Terre et des planètes de l’Université Johns Hopkins, à Baltimore (Etats-Unis).

Ce sont davantage les mesures barrières et de restriction, comme le port obligatoire du masque, la distanciation physique, et la réduction des déplacements, que les conditions météorologiques qui auraient limité la transmission du Covid-19 en 2020 et en ce début d'année 2021.

«Il est possible qu’il s’agisse d’une combinaison d’impacts directs sur la survie du virus, de répercussions sur la résistance humaine à l’infection et de l’influence indirecte du temps et des saisons par le biais de changements dans le comportement humain», est-il encore expliqué dans ce rapport.

Enfin, rappelle d'autre part l'OMM, des virus tels que le Sars-CoV-1, responsable d’une épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère qui a sévi de 2002 à 2004, ou le MERS-CoV, détecté pour la première fois en 2012 en Arabie saoudite et à l'origine du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS), se propageaient durant plusieurs mois, peu importe les variations climatiques ou météorologiques.

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