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L'Ordre des sages-femmes signale une «pénurie» de personnels et des «nouveau-nés en danger»

Selon l'Ordre des sages-femmes, le manque d'effectifs dans les maternités est tel qu'il met les patientes et les nouveau-nés en danger. Selon l'Ordre des sages-femmes, le manque d'effectifs dans les maternités est tel qu'il met les patientes et les nouveau-nés en danger. [DIDIER PALLAGES / AFP]

Pour compenser les absences liées aux congés d'été, les maternités ont l'habitude, à cette période, d'assurer la continuité de leur activité en recrutant des sages-femmes nouvellement diplômées. Mais cette année, pour la première fois, elles ne sont pas assez nombreuses. La profession craint de ne plus pouvoir «garantir la sécurité des patientes».

Pour le Conseil national de l'Ordre des sages-femmes, il s'agit d'une véritable «pénurie» qui met en danger les futures mères commes les nouveau-nés. L'instance a été alertée par des professionnels sur le terrain, qui ont vu les maternités rencontrer «d'immenses difficultés à recruter».

Dans un communiqué publié mardi 6 juillet, l'Ordre des sages-femmes explique que ces dernières sont aujourd'hui «nombreuses à quitter l'exercice en maternité, épuisées par des conditions de travail de plus en plus critiques». Si bien que les nouveaux diplômés préfèrent désormais s'orienter vers l'exercice libéral.

«Les contrats précaires, la faible rémunération et le sous-effectif permanent -source majeure d'insécurité à la fois pour les soignants et les patients- en sont les principales causes», dénonce le communiqué. Au début de leur carrière, les sages-femmes sont souvent obligées d'enchaîner les contrats à durée déterminée et sont rarement titularisées. Sans compter que leur rémunération est calculée «sur la base d'anciennes grilles salariales désavantageuses».

«Ni reconnaissance, ni évolution notable»

Une perspective qui fait non seulement fuir les jeunes professionnels, mais est aussi source d'une grande lassitude chez les sages-femmes déjà en poste. L'instance représentative de la profession regrette notamment le caractère déceptif du Ségur de la santé, qui n'a «apporté ni reconnaissance, ni évolution notable».

Parmi les «promesses non tenues» figurent notamment la revalorisation salariale et l'évolution statutaire des sages-femmes, «formulées par les pouvoirs publics il y a plusieurs mois». Mais rien n'a changé depuis. «A notre connaissance, le rapport que devait rendre l'Inspection Générale des Affaires sociales (IGAS) sur la profession à la fin du mois de juin n'a pas encore été remis», peut-on lire dans le communiqué.

Alors, inquiet, l'Ordre des sages-femmes s'interroge : jusqu'à quand ces dernières «pourront-elles garantir la sécurité et la qualité des soins ?». Alors que «le système périnatal» est «déjà précaire», l'instance prédit que «le mouvement de fuite des sages-femmes des maternités se poursuivra et s'amplifiera» si les pouvoirs publics ne se saisissent pas sérieusement de cette problématique.

Evoquant un «enjeu de santé publique majeur», l'Ordre appelle à des mesures urgentes afin «d'améliorer l'attractivité du métier et de garantir la qualité et la sécurité de la prise en charge». Il en va de la survie des nouveaux-nés et de leur mère, sans cela «l'été 2021 pourrait être dramatique».

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