Alertée par plusieurs gérants de bars et restaurants parisiens de la fermeture administrative de leurs établissements à la demande de la Préfecture de police de Paris, la municipalité a demandé ce week-end la tenue d'une table ronde à ce sujet.
«Il faut du dialogue avec les commerçants, les restaurateurs, les acteurs économiques, du respect de l’engagement de chacun pour combattre la pandémie et pouvoir vivre après tous ces confinements», s'est ainsi exprimée la maire de la capitale, Anne Hidalgo, appelant «la Préfecture de police à ouvrir ce dialogue et à agir avec discernement».
Une table-ronde pour clarifier les règles sanitaires
La cause de cet appel ? La fermeture administrative de plusieurs bars et restaurants parisiens – dont le 25° Est, place Stalingrad (19e) ou encore le café Odilon, quai de la Marne (19e) – au prétexte que leurs gérants ne respectent pas les règles sanitaires en vigueur. Ensemble, ces derniers dénoncent cette sanction imposée à eux «sans avertissement écrit au préalable» et «sans amende antécédente».
Dans un courrier diffusé ce week-end, ils estiment «à plus de 1.000» le nombre «d'établissements parisiens [...] sanctionnés par 9 jours de fermeture administrative». Regrettant que leurs établissements ne soient «plus des lieux de vie» mais «des lieux de contraintes», ils demandent «à ouvrir le dialogue avec l'ensemble des forces de l'ordre». Sur le terrain à leurs côtés, le maire du 19e a demandé ce week-end l'organisation d'«une table-ronde pour clarifier les règles du jeu».
Nous découvrons que de très nombreux bars et restaurants ont été fermés @paris sur décision de la @prefpolice. Nous demandons que se réunisse au plus vite une table ronde pour clarifier les règles sanitaires. @Anne_Hidalgo@OliviaPolski@FrancoisDagnaud@annesouyrispic.twitter.com/9nUwlMRhHF
— Nicolas Nordman (@nicolas_nordman) July 10, 2021
https://t.co/VuZbVpp1scpic.twitter.com/xfcC6HFDBU
— François Dagnaud (@FrancoisDagnaud) July 10, 2021
Des riverains en colère
Un discours face auquel certains Parisiens ont immédiatement montré leur désaccord, notamment sur les intransigeants réseaux sociaux. «En plein essor du variant Delta et alors que les médias ont dénoncé le fiasco du protocole sanitaire dans les bars, vous demandez encore plus de laxisme», écrit par exemple cet anonyme sur Twitter, exigeant la «protection des Parisiens avant celle des bistrotiers».
On note que pour vous le début de saison est en juillet ! Pourtant le début de saison est fixé en mars pour les terrasses estivales, faudrait savoir ! On note aussi que seuls les bars ont accès à @Anne_Hidalgo et pas nous, pauvres riverains
— Collectif riverains rue Marie et Louise (@riverainscanal) July 10, 2021
Même ton chez le Collectif des riverains de la Rue Marie-et-Louise (10e), qui reproche à la municipalité parisienne de parler de «début de saison» au mois de juillet, alors qu'elle vient vient d'autoriser la pérennisation des terrasses dites «estivales», du 1er avril au 31 octobre. «On note aussi que seuls les bars ont accès à Anne Hidalgo et pas nous, pauvres riverains», écrit le collectif.
«Quand les bars ferment pour non respect des consignes, les élus rappliquent au pas de course.... Et quand les riverains ne dorment plus à cause de vos terrasses, vous êtes où ?», écrit quant à lui le compte Twitter de Droit au sommeil Paris 18. Un autre anonyme estime que «les fermetures administratives sont plus que justifiées». «Pas plus tard qu'hier soir la terrasse éphémère en bas de chez moi était ouverte à 2h du matin et c'était un véritable bordel», fait-il savoir.
De son côté, la Préfecture de police de Paris n'a pas communiqué sur un quelconque renforcement des contrôles des règles sanitaires dans les bars et les restaurants de la capitale. Elle évoque, depuis début 2020, «quelque 400» débits de boisson ayant «fait l'objet de fermetures administratives allant de 8 à 30 jours, pour des manquements graves à l'obligation de santé et d'hygiène ou par mesure sanitaire».
Ses chiffres font état de 88 fermetures l'année dernière et 310 en 2021, là où les professionnels les estiment donc à un millier. L'institution – qui dépend du ministère de l'Intérieur –a toutes les compétences pour sanctionner un établissement accueillant du public dès lors que celui-ci ne respecterait pas les règles sanitaires. A voir donc si l'appel au dialogue lancé par la municipalité pour apaiser les choses sera entendu.
![Dès le 1er juillet, certaines terrasses devront se mettre aux normes de la Mairie de Paris. [© Christophe ARCHAMBAULT / AFP] Dès le 1er juillet, certaines terrasses devront se mettre aux normes de la Mairie de Paris.](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/terrasses_2_60be36a13b1c7_0.jpg?itok=RBLeANCn)