Alors que l'enquête publique organisée dans le cadre du prolongement de la ligne 1 du métro – entre Château de Vincennes et le futur terminus Val-de-Fontenay, dans le Val-de-Marne (94) – a pris fin ce mercredi 2 mars, le désaccord est toujours prégnant entre les défenseurs et les opposants du projet.
Lancée le 31 janvier dernier, cette enquête publique – indispensable pour pouvoir déposer les premiers permis de construire – devait justement servir à apaiser les tensions, en poursuivant deux objectifs. D'une part, la présentation du projet, «des conditions de son insertion dans son environnement, des impacts et des mesures pour y remédier», et d'autre part, le recueil de l'avis du public «afin d’apporter des éléments d’information utiles à l’appréciation du projet et d'affiner la poursuite des études».
Au total, 3 réunions publiques ainsi qu'une dizaine de permanences tenues par les membres de cette commission indépendante ont été organisées, avant que celle-ci remette son rapport à la préfecture du Val-de-Marne (94). Ce sera ensuite à la préfète du département, Sophie Thibault, de «se prononcer sur l’utilité publique du projet».
Après l'obtention de cette déclaration d’utilité publique et des financements, les études détaillées de conception pourront alors démarrer, permettant de préciser «les méthodes constructives, les emprises nécessaires, la conception architecturale ou encore les mesures de réduction et de compensation environnementale».
Les travaux du bois de Vincennes en cause
Et c'est notamment au sujet des emprises nécessaires au projet que le bas blesse, puisque selon les détracteurs du projet estiment que «le tracé retenu et les modalités de construction menacent de mutiler irrémédiablement le bois de Vincennes».
Dans une pétition intitulée «Touche pas à mon bois» et signée par plus de 65.000 personnes, ces derniers expliquent «les promoteurs du projet ont décidé de creuser le puit de sortie du tunnelier et une large partie du tunnel à ciel ouvert, dans le bois de Vincennes» sur une «emprise [...] estimée à 20.000 m2».

De son côté, Ile-de-France Mobilités (IDFM), l'autorité chargée des transports en commun dans la région, veut rétablir la vérité : le projet ne concerne pas 2 mais «1,4 hectare situé sur la zone du bois de Vincennes, dont la surface boisée n'excède pas 0,8 hectare». Selon elle, il s'agit donc «d'environ 500 arbres, dont aucun n'a été répertorié comme "remarquable"». Sur l'aspect technique aussi, elle ne peut que balayer la demande des élus «de revoir le projet dans ces modalités techniques», puisqu'il est «impossible techniquement de faire autrement que d'ouvrir une partie du Bois de Vincennes».
Comme l'a plusieurs fois rappelé IDFM, «la station Château de Vincennes date de 1934. Le métro a été pensé là il y a 100 ans, ce n'est pas comme ça que c'était prévu. Et aujourd'hui, une partie des voies se trouvent sous le bitume et sous la pelouse du Bois de Vincennes». Et à la fin des travaux déjà annoncés pour être réalisés entre 2028 et 2035, l'institution avait martelé que seulement «200 m2» de ce bois seront requalifiés pour accueillir «un poste de redressement électrique ainsi qu’une bouche d’évacuation».
Pourtant, malgré la forte mobilisation de militants écologistes, nul doute que le projet – soutenu par l'Etat – puisse voir le jour. Au cœur des politiques publiques de la région, et alors qu'il permettrait de rééquilibrer l'accès au métro pour les habitants de l'est parisien, le prolongement de la ligne 1 doit en effet améliorer les déplacements franciliens dans une logique de maillage avec notamment le prolongement du RER E, du tram T1 et l’arrivée de la ligne 15 du Grand Paris Express.
C'est en tout cas la position défendue depuis plusieurs semaines par les partisans de l'arrivée de la ligne 1 dans le Val-de-Marne, à l'instar du maire communiste de Montreuil Patrice Bessac, qui avait également souligné l'intérêt du prolongement pour «réduire la part de la voiture particulière» mais aussi pour desservir «des quartiers populaires», dans lesquels «les gens ne peuvent pas investir énormément d'argent dans les transports».
![Deux hectares du bois de Vincennes sont concernés. [© CHRISTOPHE SIMON / AFP] Deux hectares du bois de Vincennes sont concernés.](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/vincennes_618baababae48.jpg?itok=GGw4JqYI)