Alors que la guerre se poursuit au Moyen-Orient, l'approvisionnement en pétrole d'une large partie du monde est entravé. Les prix à la pompe s'en ressentent et la question des taxes appliquées aux carburants est à nouveau brûlante.
La facture est de plus en plus lourde à la pompe. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les prix des carburant s'envolent, avec en moyenne 1,82 euros le litre pour le SP95-E10 et 1,98 euros pour le gazole ce vendredi. Alors que l'inquiétude et la colère grandissent, la question de l'imposition des carburants revient sur le devant de la scène.
L'approvisionnement en pétrole est bloqué pour une grande partie du monde, notamment en raison de l'arrêt du trafic dans le détroit d'Ormuz. Résultat : le prix du brut s'est encore envolé ce lundi. Vers 11h GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, grimpait de 14,74 %, à 106,35 dollars (environ 92 euros).
Il avait même flambé de plus de 28 % en début de matinée, avant de redescendre après l'annonce d'un recours envisagé aux réserves stratégiques de pétrole par les pays du G7.
La guerre au Moyen-Orient ne peut pas servir de prétexte à des hausses abusives des prix à la pompe.
À ma demande, un plan exceptionnel de 500 contrôles sera réalisé, dans les stations-service, entre lundi et mercredi par la répression des fraudes (DGCCRF).
C’est l’équivalent…— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) March 8, 2026
Ces hausses se traduisent directement à la pompe puisqu'en France, depuis le début de la guerre, le SP95-E10 a pris 10 centimes selon les chiffres du gouvernement. La facture est encore plus lourde pour le gazole, dont le prix au litre a augmenté de 15% en moyenne.
D'après l'Union française des industries pétrolières (Ufip), le prix des carburants se décompose comme suit : 30% correspond au coût de la matière première, 15 à 20% au coût de distribution et 50 à 55% à la part des taxes.
Parmi ces dernières il y a d'abord l'ex-TICPE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques), désormais appelée «fraction perçue en métropole sur les produits énergétiques autres que les gaz naturels et les charbons». Bercy insiste sur le fait qu'elle «dépend du volume de carburant consommé et non du prix du pétrole», elle n'est donc pas impactée par la hausse des prix.
Vient ensuite la TVA appliquée à cette ex-TICPE puis encore la taxe sur les produits pétroliers. Les recettes de cette dernière dépendent en revanche du prix des carburants.
Les recettes fiscales réparties
Dans le détail, au 27 février 2026, l'ensemble de ces taxes représentait environ 55% du prix d'un litre de SP95 (1,708€/l), additionnant l'ex-TICPE (0,670€), la TVA sur l'ex-TICPE (0,134€) et la TVA sur les produits pétroliers (0,151€).
A la même date, ces taxes représentaient environ 52% du prix du gazole, à 1,701€/l. Le calcul comprenait alors l'ex-TICPE (0,608€), la TVA sur l'ex-TICPE (0,122€) et la TVA sur les produits pétroliers (0,162€).
La moitié des recettes fiscales liés à la TVA revient à l'Etat, un quart est perçu par les collectivités et le dernier quart par la Sécurité sociale. L'Etat obtient également environ la moitié de l'ex-TICPE tandis que plus d'un tiers revient aux collectivités et 5 à 10% à l’Agence de financement des infrastructures de transport de France.
Le reste du prix à la pompe, entre 30 et 40%, correspond au prix de la matière brute mais aussi au coût de distribution, deux valeurs particulièrement influencées par le cours du baril de Brent de la mer du Nord, qui a bondi ce lundi. Enfin, les coûts de transport et de distribution représentent environ 10% du prix du carburant.
Maud Bregeon, ministre déléguée à l'Energie et porte-parole du gouvernement, a déjà averti qu'une baisse des taxes sur le carburant est pour l'heure «inconcevable». Ce ne serait pas pertinent selon Bercy, puisqu'encore une fois l'accise «ne dépend pas du prix du carburant» et parce que cela entraînerait un trou de près de 20 milliards d'euros dans le budget de l'Etat.
Si l'idée de nouvelles aides à l'achat de carburant a également été écartée pour l'heure, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé dimanche soir «un plan exceptionnel de 500 contrôles» de la Répression des fraudes (DGCCRF). Entre ce lundi et mercredi, ce service de Bercy chargé de la protection des consommateurs, sera ainsi à l'affût d'éventuelles «hausses abusives des prix à la pompe».