A compter de ce lundi 16 mai, le port du masque dans les transports publics ne sera plus obligatoire. Une décision annoncée par le ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran, le 11 mai dernier, en prenant en compte la baisse de la courbe épidémique.
En effet, depuis plusieurs semaines, la France enregistre une baisse constante de son nombre de cas de Covid-19 au quotidien. Une accalmie qui a ainsi poussé le gouvernement à retirer une des dernières mesures restrictives liées à l'épidémie.
Pour Antoine Flahault, épidémiologiste et professeur de santé publique à la faculté de médecine de Genève, «lever le port obligatoire du masque durant cette accalmie, même si elle doit être transitoire, est compréhensible», indique-t-il à CNEWS.
Si le masque n'est désormais plus «obligatoire», il reste néanmoins vivement «recommandé» pour les «personnes fragiles». «Il convient cependant que les personnes vulnérables continuent de se protéger avec le masque, soient parce qu’elles sont immunodéprimées ou très âgées», juge le spécialiste, en accord avec les précautions du gouvernement.
UNe courbe destinée à remonter ?
Mais si les contaminations et hospitalisations continuent de baisser, l'épidémie ne serait pas terminée pour autant.
Pour Antoine Flahault, la levée des mesures par le gouvernement ne devrait «pas faire bouger la courbe épidémique».
En effet, cette dernière «risque de remonter bientôt en Europe de l'Ouest, masque ou pas masque, en raison de l'arrivée de nouveaux sous-variants d'Afrique australe ou d'Amérique du Nord».
Profiter de l'accalmie
Alors que les vagues de Covid se succèdent depuis 2020, l'épidémiologiste pointe du doigt la nécessité des pouvoirs publics de tirer profit de cette accalmie «pour tenter d’améliorer ce qui peut l’être afin de lutter contre les effets des vagues pandémiques récurrentes».
Cependant, si rien n'est fait, le risque que les vagues se poursuivent «avec la même surmortalité évitable que jusqu’à présent, et les mêmes tensions sur le système hospitalier» serait important.
Ainsi, pour faire face au virus, Antoine Flahault propose d'agir «à la racine de la pandémie qu'est la transmission du virus entre les personnes».
Estimant que le virus se transmet davantage dans «95 à 99% des cas en lieu clos», l'épidémiologiste préconise, comme élément de départ la mise en place d'un «plan ventilation» à échelle européenne, afin «d'améliorer la qualité de l'air intérieur», et ce le plus rapidement possible.
![Le masque restera recommandé dans les transports «pour les personnes fragiles», a fait savoir Olivier Véran sur Twitter. [Pascal GUYOT / AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/000_92u2fy_627bba53d2eb9.jpg?itok=MbMtTVJM)