A l'issue d'un conseil de défense consacré à la crise énergétique, réuni ce vendredi 2 septembre dans la matinée, la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a fait un compte-rendu dans lequel elle a notamment annoncé qu'EDF s'est engagé à redémarrer l'ensemble de ses réacteurs.
La prise de parole était très attendue. Après le Conseil de défense sur la crise énergétique qui s'est tenu ce vendredi à l'Elysée autour du président Emmanuel Macron, le gouvernement, en la personne d'Agnès Pannier-Runacher, a adressé dans l'après-midi un message aux Français à l'occasion d'un point presse. Voici les nombreuses annonces faites par la Transition énergétique à propos de l'approvisionnement en énergies de l'Hexagone.
Les stocks de gaz remplis à 92% en France
Agnès Pannier-Runacher a annoncé que les stocks de gaz de la France sont remplis «à 92%», ce qui représente un objectif atteint «avec deux mois d’avance». «Le gouvernement a anticipé la situation depuis plusieurs mois. Nous avons sécurisé nos stocks de gaz», a assuré la ministre.
Dans un contexte géopolitique compliqué, sur fond de guerre en Ukraine, les flux de gaz en provenance de Russie se sont taris en Europe, les Etats européens se préparant même à un possible arrêt total, en réaction aux sanctions prises contre Moscou. A ce sujet, Agnès Pannier-Runacher a précisé que «les livraisons de gaz russe ne sont pas coupées, mais sont au plus bas.»
Une solidarité européenne renforcée
Agnès Pannier-Runacher a promis que «la solidarité européenne» serait renforcée, avec notamment une hausse des échanges d'électricité et de gaz avec l'Espagne et l'Allemagne. «La clé pour passer l’hiver, c’est la mobilisation générale», a expliqué la ministre lors de son intervention.
Une hausse du prix de l’électricité amortie
Concernant l’électricité, Agnès Pannier-Runacher a annoncé que «32 réacteurs sont à l’arrêt pour cause de corrosion ou de maintenance». EDF, a-t-elle poursuivi, «s’est engagé à redémarrer tous les réacteurs pour cet hiver». Si le courant devrait donc être assuré en France, la hausse de son prix, devrait, elle, être en partie amortie par l'Etat, a aussi indiqué la ministre.
Agnès Pannier-Runacher ne s'est toutefois pas risquée à chiffrer cet «amortissement», alors que la veille, le ministère de l'Economie et des Finances avait fait savoir que le coût du «bouclier tarifaire» sur les prix de l'énergie se chiffre à 24 milliards d'euros depuis son déploiement à l'automne 2021. La mesure la plus coûteuse porte justement sur l'électricité : sur l'année 2022, l'Etat aura dépensé 10,5 milliards d'euros pour plafonner à 4 % l'augmentation des tarifs de l'électricité.
Un appel à la responsabilité collective
Le gouvernement tient néanmoins à se montrer prudent et pour éviter d'éventuel rationnement, la ministre de la Transition énergétique a donc appelé les Français à «la responsabilité collective». «Il faut avoir des actions volontaires et puis des actions contraignantes en cas de difficultés qui ne seraient pas anticipées», a ajouté Agnès Pannier-Runacher.
Ce vendredi matin, la directrice générale d’Engie, Catherine MacGregor, a annoncé que la consommation de gaz des particuliers a déjà baissé «d’environ 4 à 5%» en France depuis le début de la guerre en Ukraine.
![«Nous sommes relativement sereins sur la situation du gaz en France. On ne manquera à priori pas de gaz cet hiver», a aussi assuré Catherine MacGregor, la dirigeante du groupe.[IDA MARIE ODGAARD / RITZAU SCANPIX / AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/000_32ad3fy-taille1200_6311d41f60d72.jpg?itok=A0lSSwEK)