La consommation de tabac est repartie à la hausse en 2021, notamment chez les femmes et les personnes peu diplômées. Cette hausse s'expliquerait en partie par les conséquences de la crise liée au Covid-19, révèle une étude de Santé publique France.
La cigarette est de retour en France. Alors que le tabagisme avait connu une baisse d’une «ampleur inédite» chez les adultes entre 2014 et 2019, il a recommencé à augmenter en 2021, après avoir stagné en 2020, selon les résultats d’une étude de Santé publique France (SPF). La crise sociale et économique liée au Covid-19 serait l’un des facteurs de cette hausse.
«Un impact de la crise sociale et économique liée au Covid-19 ne peut être exclu concernant l’interruption de la baisse de la prévalence du tabagisme en France et la hausse observée parmi certaines populations», explique SPF dans son rapport paru lundi.
En 2021, en France métropolitaine, plus de trois adultes sur dix se sont déclarés fumeurs (31,9 %) et environ un quart ont déclaré fumer quotidiennement (25,3 %). En 2019, on recensait 30,4 % de fumeurs et 24 % de fumeurs quotidiens. Chez les femmes (23 % contre 20,7 %) et chez les personnes peu ou pas diplômées (32 % contre 29 %), l’écart est encore plus important.
Selon les chiffres de SPF, cette hausse semble donc davantage toucher les femmes. Santé publique France estime à 15 millions le nombre de fumeurs, dont 12 millions de fumeurs quotidiens. Parmi eux, 7 millions sont des femmes, dont 5,5 millions de fumeuses quotidiennes.
Cette augmentation particulièrement caractérisée pourrait s’expliquer en raison de l’impact plus fort des dommages collatéraux de la crise sanitaire pour les femmes. Selon l’étude, les femmes ont notamment davantage perdu leur emploi que les hommes pendant la pandémie.
Par ailleurs, les femmes ne sont pas la seule population touchée par cette hausse. Les conséquences psychologiques, économiques et sociales de la crise ont été «plus marquées» dans les populations défavorisées, où «la cigarette peut être perçue comme un outil pour gérer le stress ou surmonter les difficultés du quotidien», avance le rapport. On remarque notamment une forte de hausse des fumeurs quotidiens parmi les chômeurs ou parmi les ouvriers.
Des différences régionales persistent également avec une prédominance de l’Occitanie (28,5 %) et de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur avec 29,1 % de fumeurs quotidiens. À l’inverse, l’Ile-de-France et les Pays-de-la-Loire sont en bas du classement avec environ 22,4 % de fumeurs réguliers.
Moins de fumeurs chez les jeunes
Selon les données de SPF, un seul résultat est jugé comme «encourageant», mais demeure à confirmer : la baisse du tabagisme chez les hommes de 18-24 ans, cohérente avec une tendance à la baisse observée depuis quelques années dans cette tranche d’âge.
Le tabac reste la première cause de mortalité évitable en France avec près de 75.000 décès par an. L’objectif fixé par les autorités est de parvenir à une génération «sans tabac» à l’horizon 2032. Pour y parvenir le ministre de la Santé, François Braun, n’exclut pas une nouvelle hausse des prix qui pourrait intervenir courant 2023.
![le tabac est de loin le principal élément ayant favorisé un cancer (33,9%), suivi par l'alcool (7,4%).[PHILIPPE HUGUEN / AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/000_par951162_62ff2508b3751_0.jpg?itok=sPL2QcYr)