Essia Boularès, 44 ans, est jugée depuis cette semaine pour avoir allumé l’incendie qui a fait dix morts à Paris, rue Erlanger, en 2019. Un acte qu’elle a reconnu avoir commis.
Le procès de l’incendie de la rue Erlanger (16e arrondissement de Paris) s’est ouvert cette semaine dans la capitale. La suspecte, Essia Boularès, avait longtemps nié les faits, avant de reconnaître sa culpabilité. Elle a affirmé regretter avoir mis le feu au bâtiment, dans lequel dix personnes avaient trouvé la mort, dans la nuit du 4 au 5 février 2019. Elle se trouve en détention provisoire depuis quatre ans, placée en unité hospitalière spécialement aménagée.
Agée de 44 ans et mère d'un fils de 14 ans, elle est en effet décrite comme atteinte par d’importants troubles psychiatriques. Une trentaine d’hospitalisations ont été comptabilisées, entre cures de désintoxication et passage en établissement psychiatrique, à la demande de ses proches. Des experts ont estimé qu’au moment des faits, son discernement était altéré, mais pas aboli. Elle pourrait ainsi ne risquer que trente ans de prison, au lieu de la perpétuité.
«T’es pompier, t’aimes les flammes, ben t’inquiète pas tu vas en avoir»
Pour rappel, l’incendiaire avait fait brûler l’immeuble où elle vivait après qu’un de ses voisins avait appelé les policiers pour de la musique écoutée trop fort. «T’es pompier, t’aimes les flammes, ben t’inquiète pas tu vas en avoir», lui avait-elle dit, avant son acte. Elle avait ensuite été interpellée à proximité des lieux, alcoolisée.
Fille d’un père originaire de Tunisie, «chef des interprètes à l’Unesco», et d’une mère «directrice des langues à l’université de New York à Paris», Essia Boularès a expliqué lundi lors du premier jour du procès avoir connu une enfance «très joyeuse». Puis, sur fond d’anorexie, elle a expliqué avoir découvert l’alcool à 14 ans. «A mon premier sevrage, à 17 ans, j’étais à 24 bières par jour», a-t-elle décrit.
La drogue a suivi. Toutes, «sauf l’héroïne». Malgré cela, elle était parvenue à obtenir un diplôme dans l’hôtellerie, avant de se faire embaucher en CDI dans un établissement de prestige à Biarritz. Les arrêts maladie étaient cependant rapidement devenus son quotidien.
Casier judiciaire vierge, mais des incidents
Malgré un casier judiciaire vierge, le président de la cour a rappelé son implication dans plusieurs incidents. Elle aurait ainsi mis le feu à des vêtements dans un magasin, pour faire diversion et voler la caisse. Elle aurait aussi insulté et griffé des pompiers intervenus après un tentative de suicide de sa part.
Tous ces éléments devront servir à comprendre ce qui s’est produit dans la nuit du 4 au 5 février 2019, au cours de laquelle l’incendie qu’elle a reconnu avoir allumé a tué dix personnes.
