Ce mardi soir, les députés ont largement rejeté, contre l'avis du gouvernement, l'article 2 de la réforme des retraites, qui visait à la création d'un «index séniors» dans les entreprises pour améliorer «la place des salariés en fin de carrière».
Un premier revers pour le gouvernement. L'Assemblée nationale a rejeté mardi soir l'article 2 du projet de réforme des retraites qui prévoit la création d'un «index seniors» dans les entreprises. Cet article, qui a été débattu durant trois journées, a été repoussé par 256 voix contre 203, et 8 abstentions.
L'article 2 de la #RéformeDesRetraites, relatif à l'index seniors, n'est pas adopté. Quelques députés entonnent le chant associé aux Gilets Jaunes, "On est là", avant d'être repris par @YaelBRAUNPIVET qui fustige un comportement "inacceptable". #Retraites#DirectANpic.twitter.com/pE6Dxmbz2c
— LCP (@LCP) February 14, 2023
«Unis pour supprimer un nouvel outil en faveur de l'emploi des plus âgés»
La Nupes, qui a accueilli ce résultat par des vivats et des chants, ainsi que les groupes LR et RN, se sont prononcés contre cet index, devant permettre d'améliorer l'emploi des salariés âgés, mais perçu comme inefficace. «Camouflet sévère», «coup de semonce» pour l'exécutif : les députés s'opposant au projet de réforme ont applaudi ce vote sur Twitter, au 6e jour de séance dans une ambiance encore tendue. «Ce soir, toute la gauche et le FN célèbrent le fait de supprimer" cet index, a déploré pour sa part le ministre du Travail Olivier Dussopt.
Ce soir, toute la gauche et la FN célèbrent le fait de supprimer du projet de réforme des retraites l'article qui crée un index de l'emploi des seniors.
— Olivier Dussopt (@olivierdussopt) February 14, 2023
Unis pour supprimer un nouvel outil en faveur de l'emploi des plus âgés.#Tartuffe
Cette défaite pour le camp présidentiel se profilait en raison de la défection de la droite, dont les voix sont nécessaires aux macronistes pour atteindre la majorité absolue. Les députés LR, envers qui la Première ministre avait pourtant plus tôt accompli un geste en effectuant des nouvelles concessions sur les carrières longues, considèrent que l'index est «inadapté aux réalités des PME» et qu'il ne va «pas améliorer le taux d'emploi des seniors». Ils plaidaient pour des incitations aux entreprises.
L'index pourra peut-être toutefois être réintroduit dans la suite de la navette parlementaire. Le gouvernement souhaite le rendre obligatoire dès novembre 2023 pour les entreprises de plus de 1.000 salariés, pour celles de plus de 300 salariés à partir de juillet 2024, et celles de plus de 50 salariés à partir de juillet 2025, ce dernier seuil ayant été ajouté par des amendements venus de tous les bancs.
A noter que plus de 14.200 amendements restent encore à examiner d'ici vendredi soir, et 18 articles du projet de loi.
![Le bureau politique des Républicains était l'occasion pour certains membres du parti de faire descendre la pression. [GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/0lr-1-taille1200_63eb84d9f269e_0.jpg?itok=rt1Q5_y1)