Mathias Vicherat, directeur de Sciences Po, a proposé ce lundi 11 décembre sa «mise en retrait provisoire», à la présidente de la Fondation nationale des sciences politiques. Mais qu'est-ce que cela pourrait impliquer si cette proposition était acceptée ?
Éteindre l'incendie. Cela semble être l'objectif de Mathias Vicherat qui a pris la parole, ce lundi, auprès de la présidente de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), Laurence Bertrand Dorléac, en lui proposant sa «mise en retrait provisoire», dans l’exercice de ses fonctions.
Une décision qui fait suite aux vives réactions des étudiants de la prestigieuse école, qui avaient occupé le bâtiment la semaine dernière, afin de demander la démission du directeur, entendu par la police pour des faits de violences conjugales réciproques. Si cette proposition est acceptée, que va-t-il concrètement se passer ?
Une proposition qui doit être examinée
«J’ai proposé à la présidente de la Fondation nationale des sciences politiques, Laurence Bertrand Dorléac, de me mettre provisoirement en retrait de mes fonctions selon des modalités, un calendrier et une durée qui lui revient de définir et qu’elle présentera dans les différentes instances cette semaine», a précisé Mathias Vicherat dans un message adressé à l’école et transmis à l’AFP.
D’autre part, trois réunions doivent se tenir cette semaine à Sciences Po. Le conseil de l’institut mardi, le conseil d’administration de la FNSP mercredi et enfin le conseil social et économique jeudi. Ces réunions permettront ainsi de peser le pour et le contre de cette option.
Ainsi, à l’issue des discussions qui concerneront cette affaire, Mathias Vicherat sera fixé sur son sort. L’actuel directeur pourrait être suspendu de ses fonctions et ne sera donc plus à la tête de Sciences Po pour un temps qui aura été déterminé par la FNSP, ainsi que par les autres membres des différents conseils.
En effet, pour la loi, il s'agit d'une façon d'éloigner temporairement un agent du service public, ayant commis une faute grave, en attendant le règlement de sa situation. Il se n'agit donc pas d'une sanction disciplinaire.
Une décision «saluée» mais qui ne suffit pas
Depuis l’annonce de l’affaire dans les médias, la semaine dernière, les étudiants de Sciences Po ne cachent pas leur mécontentement et ont notamment multiplié les mouvements de colère, en occupant à plusieurs reprises l’institution. Dans son message, le directeur renouvelait ses paroles en déclarant qu’il «conteste les actes de violence qui ont été rapportés par la presse et sur les réseaux sociaux». Il a également ajouté que «jamais et en aucune circonstance», il n’avait commis «de tels actes».
De leur côté, les étudiants du syndicat Union étudiante ont qualifié cette initiative comme étant «insuffisante et tardive» dans un communiqué qui nous a été transmis ce lundi. Ils ont ajouté que «Mathias Vicherat ne pouvait pas, étant donné la gravité des accusations portées contre lui, décemment demeurer à la tête de l’école». Ils ont par ailleurs expliqué saluer «naturellement cette décision» prise par le directeur lui-même, mais «qu’elle ne saurait pour autant résoudre la crise majeure que traverse actuellement l’institution».
Selon eux, Mathias Vicherat doit faire preuve «d’exemplarité et prendre ses responsabilités en présentant sa démission». Reste désormais à savoir si la décision de la FNSP suivra.
![Depuis, l'annonce de cette nouvelle, Sciences Po Paris était sous haute tension. Des étudiants avaient bloqué l'entrée du bâtiment de l’école parisienne, réclamant la démission de Mathias Vicherat. [Thomas SAMSON / AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/000_346x9bb-taille1200_6576c889453ef_0.jpg?itok=o8b3wa23)