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Elections européennes 2024 : que proposent les candidats pour l'emploi ?

Certains candidats aux élections européennes proposent la mise en place d'un salaire minimum européen Certains candidats aux élections européennes proposent la mise en place d'un salaire minimum européen [ ©️ Joël SAGET/AFP]

Le travail, l’emploi ou encore le chômage sont des sujets qui semblent davantage relever de la politique nationale, mais qui font partie intégrante des propositions des candidats aux élections européennes, qui auront lieu ce dimanche 9 juin en France. CNEWS résume donc les programmes des principales têtes de liste sur l’emploi.

Dans une économie mondialisée, où il est possible pour des entreprises de faire fabriquer leur marchandise à l’autre bout du monde à moindre coût, la question de l’emploi est fondamentale. Afin de lutter contre la concurrence de la Chine ou encore des Etats-Unis, de nombreux candidats aux élections européennes ont mis la question du travail au cœur de leur programme économique, avec pour boussole, la baisse du chômage et la hausse du niveau de vie des Français et des Européens. 

Jordan Bardella - Rassemblement national (RN)

Le candidat du Rassemblement national, Jordan Bardella, estime que l’économie française est «exposée à une concurrence déloyale sauvage à la fois extra-européenne et intra-européenne». D’une part à cause de «l’ouverture dérégulée du marché unique au reste du monde», d’autre part à cause «des élargissements successifs de l’Union européenne à des pays aux normes sociales et environnementales inférieures aux nôtres». Pour lutter en faveur de l’emploi et de la réindustrialisation de la France, la tête de liste aux européennes émet plusieurs propositions. 

Dans son programme, Jordan Bardella propose de soutenir les agriculteurs et pêcheurs, en leur garantissant une rémunération digne et en leur permettant de vivre de leur travail. Pour ce faire, il entend décréter une pause réglementaire, imposer le principe de réciprocité dans le commerce, refuser tout nouvel accord de libre-échange «déloyal», nationaliser et simplifier les modalités d’attribution d’aides de la PAC, adjoindre des aides nationales à la PAC, ou encore instaurer une grande loi «Mangeons français» pour accorder la priorité d’accès aux marchés publics pour les producteurs. 

Le programme du RN prévoit aussi de mettre fin aux règles du travail détaché, qui constituent une «véritable délocalisation à domicile» qui pénalise les salariés français de nombreux secteurs, «comme le BTP et le transport routier», ou encore d’interdire les aides européennes qui financent les délocalisations au sein du marché unique. Jordan Bardella souhaite également refuser l’élargissement de l’UE aux Balkans, à la Turquie et à l’Ukraine, ce qui «ruinerait notre agriculture et exercerait une pression à la baisse sur le salaire des Français». 

Enfin, le candidat du RN souhaite autoriser la priorité nationale dans les marchés publics pour défendre nos emplois et l’environnement, de même que la préférence communautaire avec un accord-cadre «Acheter français ou européen», intégrer la lutte contre le chômage et la réindustrialisation dans le mandat de la BCE et mettre les politiques monétaires au service de l’investissement dans l’économie réelle, et développer des coopérations industrielles et techniques sur les grands projets d’avenir : aérospatial, Défense, intelligence artificielle, filière hydrogène, voiture propre, ou production de médicaments. 

Valérie Hayer - Renaissance

La lutte pour l’emploi et contre le chômage constitue l’une des priorités du quinquennat d’Emmanuel Macron. Pour parvenir au plein emploi et aider les travailleurs français, le président de la République entend réformer l’Union européenne à travers la liste de la majorité emmenée par Valérie Hayer. Pour cela, la candidate Renaissance propose plusieurs mesures fortes, à l’image de la mise en place d’un salaire minimum adapté à chaque pays européen pour limiter la concurrence par les bas salaires et garantir un revenu de vie décent, ou encore le déploiement d’un plan de soutien massif à l’industrie Made in Europe 2024. 

Le programme de Valérie Hayer prévoit également de finaliser la lutte contre le dumping social avec un acte II de la réforme du travail détaché, d’harmoniser l’impôt sur les sociétés pour mettre fin à la concurrence déloyale en Europe, d’instaurer une Garantie Zéro Chômage pour que personne ne renonce à une formation ou à des études pour des raisons financières ou encore d’aider jusqu’à 20.000 euros chaque travailleur dont l’entreprise est touchée par les transformations numériques et écologiques pour qu’il puisse envisager une reconversion. 

En plus des avancées sur la transparence salariale («women on board»), la liste Renaissance prévoit de permettre aux entrepreneurs de transférer le capital d’une entreprise à une fondation pour la protéger des rachats, ou encore de créer de nouveaux droits et protections pour les trois millions de travailleurs de plate-forme, comme Uber ou Deliveroo (accidents du travail, assurance maladie…). Enfin, Valérie Hayer souhaite valider l’adoption du nouveau Fonds européen d’ajustement à la mondialisation, en faveur des travailleurs licenciés. 

Raphaël Glucksmann - PS, Place publique 

Lutter contre le dumping social, favoriser l’emploi et défendre les droits des travailleurs sont les trois piliers du programme de Raphaël Glucksmann, tête de liste du parti socialiste, en matière d’emploi. 

Parmi ses nombreuses propositions sur ce thème, l’eurodéputé souhaite notamment miser sur la formation, en généralisant le principe du «former plutôt que licencier», tout en continuant de soutenir les systèmes nationaux d’assurance chômage. Raphaël Glucksmann souhaite également mobiliser certains fonds européens pour accompagner les travailleurs qui souhaitent entamer une reconversion, notamment ceux affectés par les changements climatiques. 

La tête de liste du parti socialiste propose également d’améliorer l’encadrement du travail détaché, de créer un numéro européen de sécurité sociale, ou encore de sanctionner financièrement les entreprises qui ne respectent pas l’égalité salariale entre les femmes et les hommes. Le socialiste souhaite aussi interdire les écarts de salaires supérieurs à 20 dans une même entreprise, pour éviter que les patrons s’enrichissent sur le dos de travailleurs mal rémunérés. 

François-Xavier Bellamy - Les Républicains (LR)

Le candidat de la droite conservatrice, François-Xavier Bellamy, tête de liste Les Républicains, souhaite lui aussi promouvoir une relocalisation des industries au sein de l’Europe pour protéger les emplois. Il propose d’ailleurs la mise en place d’un plan «Made in Europe 2030» pour réindustrialiser le continent. Le LR veut par ailleurs promouvoir la «préférence européenne» dans les marchés publics. 

Concernant le libre-échange, le candidat de la droite affirme y être favorable, mais à la condition d’inclure systématiquement des «clauses miroirs» dans les accords pour lutter contre la concurrence déloyale qui pénalise les travailleurs européens. 

Le programme de François-Xavier Bellamy s’appuie majoritairement sur le soutien aux entreprises, sur l’utilisation de «dépenses européennes inutiles» pour investir dans l’innovation et les secteurs stratégiques, comme l’intelligence artificielle, pour faire de l’Europe un continent particulièrement compétitif en la matière. 

Manon Aubry - La France insoumise (LFI)

En matière d’emploi, le programme de La France insoumise porte majoritairement sur le renforcement des droits des travailleurs. La liste menée par Manon Aubry souhaite mettre fin au statut de travailleur détaché, qui a été révisé en 2018, pour que les salariés étrangers, «y compris saisonniers» relèvent uniquement du droit du pays d’accueil. 

Manon Aubry propose d’instaurer un salaire minimum européen, à hauteur de 75% du salaire médian de chaque pays, «soit 1600€ net en France». Elle soumet également l'idée d’une directive européenne pour indexer les salaires sur l’inflation dans tous les États membres, et d’augmenter la durée des congés annuels de quatre à six semaines minimum. 

Elle propose aussi la mise en place d’un «cadre européen de garantie d’emploi permettant de soutenir les programmes proposant aux chômeurs longue durée qui le souhaitent des emplois utiles à l’action sociale ou à la transition écologique». 

Marie Toussaint - Europe Écologie - Les Verts (EELV)

Pour la tête de liste écologiste, Marie Toussaint, la question de l’emploi est intrinsèque à celle de la transition écologique, puisque selon elle, les travailleurs vont être nombreux à subir les conséquences des changements climatiques. Elle souhaite donc que les politiques nationales et européennes en matière de transition écologique garantissent des emplois «pérennes et dignes» pour les travailleurs. Marie Toussaint propose notamment la mise en place d’un Pacte européen pour l’emploi dans la transition. 

L’élue écologiste veut soutenir les acteurs économiques et les entreprises qui créent des emplois en Europe, et souhaite établir un «droit de préemption européen» pour lutter contre les délocalisations d’entreprises en dehors de l’UE, notamment pour des productions vertes ou stratégiques, comme les médicaments. La députée européenne propose également de conditionner toutes les aides et investissements publics à la création d’emploi sur le territoire européen. 

Marion Maréchal - Reconquête

La tête de liste aux européennes du parti Reconquête, Marion Maréchal, propose d’abroger la directive européenne sur le détachement des travailleurs pour faire cesser la concurrence déloyale intracommunautaire et promouvoir la préférence nationale et européenne à l’embauche, notamment dans les métiers en tension. 

Elle prône également une réduction drastique de l’immigration, notamment illégale, afin de faire cesser le «dumping social» qui engendre une concurrence déloyale pour les travailleurs européens et français. Le programme de Reconquête prévoit aussi la création d’un «Buy European Act» pour donner une priorité aux produits fabriqués en Europe. Elle souhaite également contrer le «dumping chinois» en relevant les tarifs douaniers à 50% contre 10% sur les véhicules électriques pour favoriser les productions européennes. 

Enfin, la candidate prévoit d’établir une préférence nationale et communautaire dans l’emploi de fonds européens (FEDER, fonds pour l’innovation…) pour que «chaque euro profite en priorité aux entreprises européennes et françaises» et non plus pour financer des projets qui importent en dehors de l’UE. Par ailleurs, Marion Maréchal souhaite effectuer des investissements européens massifs dans des secteurs stratégiques comme l’automobile ou le nucléaire pour empêcher les délocalisations. 

Léon Deffontaines - Parti communiste française (PCF)

Le Parti communiste français, et sa tête de liste, Léon Deffontaines, veulent miser sur des sanctions contre les entreprises qui délocalisent leurs productions pour soutenir les salaires, les travailleurs, et lutter contre le chômage. 

Pour cela, le communiste souhaite notamment refonder complètement la Banque centrale européenne pour financer les services publics, «tout particulièrement l’emploi, les embauches, les formations (…)». Le PCF souhaite aussi sortir des accords de libre-échange, qui sont selon lui des «accélérateurs de délocalisations». Le PCF souhaite favoriser une «prise de contrôle rapide, directe, temporaire ou permanente» des entreprises menacées de délocalisation par les acteurs publics.

Léon Deffontaines défend également une harmonisation des standards sociaux au sein de l’Union européenne, pour lutter contre le dumping social. Cela permettrait notamment la mise en place d’un salaire minimum dans chaque État membre, équivalent à 60% du salaire moyen national. Le candidat s’oppose par ailleurs à tout élargissement de l’Union européenne, qui selon lui fragiliserait les industries européennes et menacerait les emplois. 

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