Le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) a suscité une vive controverse qui pourrait remettre en question l’unité de la coalition de gauche. Le parti a en effet une position ambiguë sur le Hamas, groupe désigné comme organisation terroriste par de nombreux pays dont la France.
Crédibilité et unité compromise ? Alors qu’il a annoncé rejoindre le nouveau Front populaire, le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) semble fragiliser cette alliance de gauche nouvellement formée. Au lendemain de l’attaque du 7 octobre 2023 contre Israël, le NPA, connu pour son soutien aux causes palestiniennes, a adopté une position perçue comme trop conciliante envers le mouvement islamiste Hamas. Le parti fondé par Olivier Besancenot avait en effet appelé à soutenir tous les «moyens de luttes que les Palestiniens ont choisis pour résister».
Si la coalition récente du Front populaire regroupant divers partis et mouvements de gauche, vise à unir ses forces pour contrer la montée de l'extrême droite et promouvoir des politiques sociales et écologiques, la position du NPA pourrait saper cet objectif en divisant ses membres et en aliénant les sympathisants potentiels.
Certaines factions pourraient en effet considérer cette posture comme incompatible avec les valeurs progressistes et humanistes du mouvement.
De vives réactions à droite
Si pour l’heure la gauche reste silencieuse, quelques personnalités de la droite nationaliste, à l’image d’Éric Ciotti ou encore de Marine Le Pen, n’ont pas manqué d’exploiter ces ambiguïtés, pour discréditer l’ensemble du mouvement. «Les Français sont prévenus : le prétendu Front populaire qui s’allie avec le NPA, l’extrême-gauche la plus violente, soutien du Hamas et des émeutiers, entend accélérer l’effondrement des institutions et l’anarchie», a ainsi déclaré la présidente du Rassemblement national.
Les Français sont prévenus : le prétendu Front populaire qui s’allie avec le NPA, l’extrême-gauche la plus violente, soutien du Hamas et des émeutiers, entend accélérer l’effondrement des institutions et l’anarchie. Les élections des 30 juin et 7 juillet doivent permettre de… pic.twitter.com/EsS9Ed5h8r
— Marine Le Pen (@MLP_officiel) June 12, 2024
La menace du « front populaire » s’accentue avec désormais l’élargissement au NPA.
— Eric Ciotti (@ECiotti) June 12, 2024
La seule réponse est l’union des républicains et des patriotes face au péril d’extrême gauche ! https://t.co/oRbcO4k2fW
La position du NPA de Philippe Poutou sur le Hamas représente un défi pour le nouveau Front populaire. Pour garantir sa cohésion, l’alliance de gauche devra peut-être clarifier et harmoniser ses positions sur ces sujets sensibles.
![Les réformes initiées par le Front populaire de 1936 ont laissé une empreinte indélébile sur la société française. [NICOLAS TUCAT / AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/22000_34wa7hl_666b2156f3e9e_0.jpg?itok=iVDkbqBk)