Au moins un alpiniste est mort et quatre autres ont été blessés, dans la nuit du dimanche 4 au lundi 5 août, à la suite de l’effondrement d’un sérac sur l’un des massifs du Mont-Blanc (Haute-Savoie). Cauchemar des alpinistes, les séracs sont régulièrement la cause d’accidents en haute montagne.
Dans un communiqué publié ce lundi 5 août, le préfet de Haute-Savoie a fait savoir qu’un alpiniste a été tué, dans la nuit de dimanche à lundi, aux alentours de 3h du matin, après l’effondrement d’un sérac, un bloc de glace de grande taille entouré de crevasses au coeur d’un glacier. Au total, 15 personnes sont impliquées dans cet accident ayant fait quatre blessés en plus de la victime.
Ces alpinistes étaient en train d'effectuer l'ascension du mont Blanc par ce qu'on appelle «la voie des 3 Monts». Ils devaient donc se frayer un chemin par le mont Blanc du Tacul, le mont «Maudit», pour atteindre le mont Blanc. Le passage par cette voie est considéré plus difficile que la voie «classique» du sommet alpin.
cauchemar des alpinistes
Véritable hantise des alpinistes, un sérac est un bloc de glace dont la taille peut avoisiner celle d’un immeuble, formé par la fracturation d'un glacier. Plus concrètement, les glaciers ne sont pas des masses inertes. Formés par les fontes et gels successifs des neiges persistantes ainsi transformées en glace, leur masse s'écoule à la manière d'un cours d'eau mais d'une façon considérablement plus lente.
La vitesse d'écoulement du glacier autant que son relief créent des tensions dans sa masse. Elles sont à l'origine des crevasses et des séracs. Ces derniers apparaissent lorsque la pente du glacier se trouve soudainement plus accentuée, c'est ce qu'on appelle la fracturation. Une zone de séracs est généralement une partie difficile à franchir lors de la progression d'alpinistes sur un glacier.
Une «chute de sérac» décrit l'écroulement soudain d'un ou plusieurs séracs vers l'aval, extrêmement dangereux pour les alpinistes pouvant se trouver en contrebas. Les blocs de glace se fracturent en blocs plus petits, et une partie de la glace peut fondre, provoquant des «laves torrentielles» et/ou des coulées de boue. Les blocs de glace, parfois très massifs, peuvent aussi directement écraser les alpinistes qui se trouvent en contrebas lors de leur détachement.
événement naturel imprévisible
Le grand danger présenté par les séracs provient aussi de leur instabilité. Ils ne dépendent que peu des conditions météo mais surtout du mouvement du glacier lui-même. Comme la glace est en perpétuel mouvement, il n'y a pas vraiment de période plus favorable aux chutes de séracs. Elles peuvent se produire à tout moment, y compris en pleine nuit, et sont presque totalement imprévisibles.
Toutefois, la chaleur accélérant la fonte quotidienne et donc le déplacement des glaciers, le réchauffement climatique provoque tout de même une multiplication des chutes de sérac. Plus il fait chaud et plus il a fait chaud les jours précédents, plus le risque est élevé. Depuis quelques années, les guides locaux recommandent de ne pas faire l'ascension du mont Blanc trop tard en été, surtout après le 14 juillet.
![Le sérac est un bloc de glace de grande taille entouré de crevasse au sein d’un glacier. [Adobe Stock]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/adobestock_466543550_66b096df6cdb7_0.jpeg?itok=2bptpAYM)