Au procès des viols de Mazan ce jeudi, tous les regards sont tournés vers la cour criminelle de Vaucluse. En dehors des frontières françaises, Gisèle Pelicot force l’admiration.
«L'Espagne, l'Allemagne, l'Italie, la Belgique, le Brésil, l'Angleterre... sont avec vous». Ce jeudi 19 décembre, de nombreux collages trônaient aux alentours et sur les murs du tribunal en soutien à Gisèle Pelicot, droguée aux anxiolytiques par son mari, Dominique Pelicot, qui la violait et l'a livrée durant dix ans à des inconnus au domicile conjugal.
Alors que 51 accusés ont appris leur peine ce jeudi, après la condamnation de Dominique Pelicot à la peine maximale de 20 ans de prison, des journalistes originaires de plusieurs pays sont venus couvrir cet événement historique. «Le viol concerne des femmes du monde entier, c'est pour ça que le monde entier a les yeux sur ce qui va se passer», a ainsi expliqué à l'AFP une représentante des Amazones d'Avignon. Au total, 180 médias, dont 86 étrangers, sont présents sur place.
«Le visage du courage», «Merci», «Plus de honte». Nombreuses sont les Unes rendant hommage à Gisèle Pelicot. Un seul tour d’horizon des sites internet et des versions papiers des médias suffisent à comprendre que tous saluent «le courage» de la septuagénaire. En effet, en refusant le huis clos, auquel ont droit les victimes de viol durant les procès, Gisèle Pelicot, s'est alors transformée en une icône féministe.
Im Vergewaltigungsprozess gegen ihren Ex-Mann und weitere 50 Angeklagte wird am Donnerstag in Avignon das Urteil erwartet. Mit ihrem Mut zum öffentlichen Umgang mit den unfassbaren Taten hat Gisèle Pelicot Geschichte geschrieben. pic.twitter.com/iLub06QdIc
— taz (@tazgezwitscher) December 19, 2024
En Espagne, cette affaire a particulièrement choqué l’opinion publique. Après les dossiers de «la Manada», de Luis Rubiales ou de Iñigo Errijón, le procès français a permis de lever le voile sur une autre forme de violence sexiste, selon Isabel Valdés, journaliste chargée des questions de genre au quotidien El País. De son côté, la correspondante d’El Mundo Raquel Villaécija, estime que Gisèle Pelicot «sera aussi célèbre que Simone de Beauvoir à l'étranger».
Un impact sur les signalements
Le 25 novembre dernier, à l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, la version allemande de Vogue avait fait de Gisèle Pelicot sa couverture dessinée dans les tons rouge orangé. «Dans le procès en cours contre son mari (et 50 autres hommes qui l'ont violée), Gisèle Pelicot montre l'importance de donner de la voix», a écrit le mensuel dans la légende de son post Instagram aimé par plus de 77.000 personnes.
En Angleterre, la BBC qui intégré Gisèle Pelicot à sa liste des 100 femmes les plus influentes de l'année 2024, a annoncé qu'un documentaire sur l’affaire était en préparation. Tout comme la chaîne privée Channel 5, qui diffusera le sien à une heure de grande écoute. «Nous nous entretiendrons avec l'un des violeurs présumés afin d'entendre sa défense, dans l'une des affaires de viol les plus choquantes au monde», a précisé le synopsis communiqué par Variety.
En dehors de l’Europe, Gisèle Pelicot force aussi l’admiration, à tel point qu’au Brésil, le quotidien Folha, l’un des plus importants dans le pays a observé que grâce à cette affaire «les signalements d’abus sexuels en lien avec la soumission chimique ont augmenté».
Aux Etats-Unis, la journaliste du New York Times Catherine Porter, estime que Gisèle Pelicot «a une analyse hyper claire, ne donne pas d'interview, s'exprime juste ce qu'il faut, quand il faut», ajoutant que «qu’à cette histoire incroyable s'ajoute une protagoniste incroyable».