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Places de prison, narcobanditisme… Quels sont les dossiers prioritaires du binôme Intérieur-Justice de Bruno Retailleau et Gérald Darmanin ?

Bruno Retailleau et Gérald Darmanin partagent certaines visions stratégiques afin de lutter contre l'insécurité. [ALAIN JOCARD / AFP]

Désormais ministre de la Justice, Gérald Darmanin va former un binôme régalien avec le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau. Les deux hommes partagent d’ailleurs la même vision et la même stratégie quant aux axes à aborder pour lutter contre l’insécurité et renforcer la chaîne pénale. 

En prenant ses fonctions à la place Vendôme, Gérald Darmanin compte travailler «main dans la main» avec Bruno Retailleau. Le nouveau ministre de la Justice entend mettre à profit son expérience à Beauvau afin de former un binôme régalien avec l’actuel ministre de l’Intérieur. 

Les deux hommes partagent notamment certaines priorités afin de lutter contre l’insécurité, mais aussi «améliorer» la chaîne pénale.

Lutter contre le narcobanditisme

Lors de sa passation de pouvoirs avec Didier Migaud ce mardi, Gérald Darmanin a promis de faire du narcobanditisme et du trafic de drogue sa «priorité absolue». Dans ce sens, le ministre de la Justice a annoncé qu’il donnera dans les prochains jours des instructions «très fermes» aux procureurs. 

«La drogue pourrit tout», a ajouté le nouveau garde des Sceaux, deuxième personnage de la Ve République à avoir occupé le poste de ministre de la Justice et de l'Intérieur, après Michèle Alliot-Marie.

La lutte contre le narcobanditisme est également une des priorités de Bruno Retailleau. Le 15 octobre 2024, lors d’une séance de questions au gouvernement, le ministre de l’Intérieur a martelé sa volonté de lutter contre «ce fléau». Le locataire de Beauvau avait même appelé à le combattre «avec les mêmes armes que celles que nous avons utilisé contre le terrorisme pendant dix ans». 

En déplacement à Marseille début novembre, Bruno Retailleau avait également appelé à faire «front commun» et à «agir vite» dans la lutte contre le narcotrafic, dévoilant un plan de lutte contre la criminalité organisée.

Plus de places de prison

Le 23 septembre dernier, Bruno Retailleau défendait la construction de prisons afin de lutter contre «l’inexécution des peines». Cependant, la mise en place d’un tel projet ne peut se faire sans collaboration avec le ministre de la Justice. 

Toujours en place à Beauvau, le ministre de l’Intérieur entend bien réengager le dialogue avec le successeur de Didier Migaud. Gérald Darmanin semble être en accord avec la vision de Bruno Retailleau. Le 23 décembre, le garde des Sceaux a en effet déclaré vouloir «des places de détention pour les petites peines et des prisons à taille humaine».

S’inspirer du «modèle hollandais»

Dans l’optique de la lutte contre cette dite «inexécution des peines», Gérald Darmanin a proposé de s’inspirer du modèle en place aux Pays-Bas, visant à créer des établissements pénitentiaires spécifiques pour les courtes peines afin de garantir l’incarcération, même pour des peines de moins d'un an.

Ce modèle semble être plebiscité par le ministre de l’Intérieur. Dans un entretien accordé au Parisien en octobre dernier, Bruno Retailleau s’était dit favorable au développement des courtes peines de détention, jusqu’à moins d’un mois, qui auraient «montré aux Pays-Bas leur efficacité».

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