Le Premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a répondu aux invectives de Jean-Luc Mélenchon ce samedi, alors que le leader de La France insoumise, et les cadres du mouvement, reprochent aux socialistes de ne pas avoir censuré François Bayrou ce jeudi.
«A force de crier, on ne les entend plus». Alors que la décision d’une grande majorité des socialistes de ne pas censurer François Bayrou jeudi dernier a fortement irrité La France insoumise, Olivier Faure a tenu à répondre aux propos de Jean-Luc Mélenchon ce samedi.
«Il va falloir que Jean-Luc Mélenchon apprenne à argumenter plutôt qu’à menacer, a déclaré le Premier secrétaire du PS dans un entretien accordé à nos confrères de La Dépêche. Si à chaque désaccord, il organise une purge comme il a déjà pu le faire dans son propre parti, il finira tout seul».
Par ces termes, le député de Seine-et-Marne a réagi aux pressions des Insoumis. En effet, jeudi, le leader de LFI avait considéré que le PS avait «fracturé le NFP» en choisissant de ne pas voter la motion de censure contre le gouvernement de François Bayrou.
L'ancien triple candidat à la présidentielle a même exclu du Nouveau Front populaire, «tous ceux qui n'ont pas voté la censure».
L’élu LFI Eric Coquerel, président de la commission des Finances à l’Assemblée nationale, a de son côté jugé que le Parti socialiste n’était «plus un partenaire». Ce dernier a cependant considéré, ce samedi que le PS pouvait «se rattraper» en censurant le prochain budget de François Bayrou.
Le PS se félicite de certaines victoires
Jeudi à l’Assemblée nationale, Olivier Faure a défendu, devant un hémicycle clairsemé le choix de son parti d'incarner «une gauche qui propose et qui avance», et s'est félicité des concessions «arrachées» à François Bayrou, en faveur de la justice fiscale, de l’Éducation nationale ou d'une remise en chantier de la réforme des retraites, «clé de voûte» de la négociation.
Il a cependant prévenu le Premier ministre que son parti resterait «dans l’opposition», se réservant à tout moment la possibilité de censurer le gouvernement.
Si les Insoumis ont toujours refusé de négocier avec François Bayrou, les communistes et les Écologistes, qui ont pourtant voté la censure du chef du gouvernement, ont fait savoir qu’ils entendaient poursuivre les discussions.
Le porte-parole du groupe écologiste à l’Assemblée nationale a même tempéré les propos de La France insoumise à l’encontre des socialistes, évoquant un «désaccord stratégique» qui «n’efface pas une alliance».