Selon un sondage de l’institut CSA pour CNEWS, Europe 1 et le Journal du dimanche, publié ce mercredi, 75% des Français sont favorables à la création d’une cour disciplinaire de la magistrature. Celle-ci serait chargée de prononcer d’éventuelles sanctions contre les magistrats qui ont failli dans leurs fonctions.
Vers un contrôle renforcé ? Le meurtre de Lyhanna, 11 ans, a profondément choqué l’opinion publique et la classe politique. Elle a également pointé du doigt certains manquements judiciaires, poussant plusieurs personnalités à exiger plus de mesures.
Selon un sondage de l’institut CSA pour CNEWS, Europe 1 et le JDD, 75% des Français se disent ainsi favorables à la création d’une cour disciplinaire de la magistrature, afin de prononcer d’éventuelles sanctions contre les magistrats qui ont failli dans leurs fonctions. Celle-ci serait composée d’un collège de citoyens, désigné par tirage au sort, et qui siégerait aux côtés des magistrats.

Dans le détail, 79% des femmes et 70% des hommes sont favorables à une telle cour disciplinaire. A noter que la quasi-totalité des 18-24 ans y sont également favorables (96%), devant les 25-34 ans (83%) et les 35-49 ans (75%). Les 65 ans et plus sont, bien que largement en accord avec cette idée, plus modérés (65%).
Du côté des catégories socioprofessionnelles, 82% des CSP-, qui représentent les Français les moins favorisés, se positionnent pour la création de cette cour disciplinaire, soit 8 points de plus que les inactifs (74%) et 14 de plus que les CSP+ (68%).

La classe politique en accord
Si on se penche sur la proximité politique des personnes sondées, 95% des électeurs du Rassemblement national sont pour la mise en place de cette cour. A noter que 86% des Français proches des idées des Républicains y sont favorables. Cette proposition a d’ailleurs été émise par Bruno Retailleau, le président du parti et candidat à l’élection présidentielle. L’ancien ministre de l’Intérieur a exigé la création de cette cour en réaction aux dysfonctionnements dans la mort de Lyhanna.
Les sympathisants de la majorité présidentielle sont, quant à eux, 63% à approuver la création de cette cour. A gauche, toutes les sensibilités y sont également favorables. C’est notamment du côté des électeurs de La France insoumise que cette idée trouve le plus de soutiens (64%), devant ceux des Ecologistes (61%) et du Parti socialiste (54%).
Lundi dernier, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a réuni à la Chancellerie les procureurs généraux pour leur demander de reprendre d'ici au 14 juillet «l'intégralité des plaintes qui touchent les enfants», soit environ 70.000.
De son côté, à l'issue d'une réunion de crise avec plusieurs ministres, le chef du gouvernement Sébastien Lecornu a proposé de renforcer les peines pour les violeurs en série sur mineurs, qui pourront encourir la perpétuité au lieu de vingt ans actuellement. Concernant les crimes contre les enfants, les actes d’enquête devront être effectués «dans un délai maximal de trois mois», a également proposé le Premier ministre.
Ce mercredi, en Conseil des ministres, Emmanuel Macron a déclaré que l'affaire Lyhanna, où «il est évident qu'il y a eu des dysfonctionnements manifestes», posait «la confiance en nos institutions». Faisant part «de l'émotion de la Nation» et «de l'affection et la solidarité avec la famille», il a jugé que «le respect, le soutien et la décence devraient l'emporter». «On ne répond pas à un drame par des cris. La précipitation et la démagogie sont des réponses qui ne sont pas à la hauteur», a-t-il ajouté, selon des propos rapportés par la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.
*Sondage réalisé les 9 et 10 juin par questionnaire auto-administré en ligne sur un échantillon national représentatif de 1.010 personnes âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.