L'Assemblée nationale a approuvé ce jeudi une proposition de loi visant à durcir les restrictions au droit du sol à Mayotte. À l'issue de la séance, la députée Liot Estelle Youssouffa a accusé la gauche de vouloir «achever Mayotte» par son souhait de «renforcer la coopération» avec l’archipel voisin des Comores, dont provient en majorité l’immigration illégale.
«L’île est devenue le réceptacle de toutes les obsessions des uns et des autres». Ce jeudi 6 février, la proposition de loi du député républicain (LR) Philippe Gosselin, qui vise à durcir les restrictions au droit du sol à Mayotte, a été adoptée en début de soirée avec les voix des macronistes et du Rassemblement national. Une mesure combattue par la gauche, que la députée Liot Estelle Youssouffa a vivement attaquée sur BFMTV à l’issue de la séance.
«Il a beaucoup été question de Mayotte sans jamais parler de Mayotte. Tout le monde a projeté ses fantasmes, ses obsessions, ses fétiches», a regretté la députée mahoraise Estelle Youssouffa après une journée «très très éprouvante» au sein de l’Hémicycle.
«L’île est devenue le réceptacle de toutes les obsessions des uns et des autres, même si sa situation est complètement unique et singulière dans la République», a-t-elle insisté, avant d’affirmer que «dans les pires moments vécus par les Mahorais, la gauche les abandonne complètement et se dit que c’est le moment d’achever le territoire».
«L'immigration n'est pas un outil pour prendre le contrôle du territoire national»
La députée Liot a justifié ses propos en accusant la gauche d’avoir demandé «les reconduites automatiques des papiers des régularisations» pendant le projet de loi d’urgence pour la reconstruction de Mayotte après le passage du cyclone Chido, alors que «tout le monde constate les difficultés de l’île au niveau migratoire». Un débat que la gauche aurait, selon Estelle Youssouffa, «choisi pour enfoncer Mayotte, insistant sur la collaboration avec les Comores, pour nous chasser hors de la République».
«Nous sommes dans une situation exceptionnelle, avec un département de 375 km2 qui est revendiqué par un voisin qui envoie sa population pour déstabiliser le département. L'immigration n'est pas un outil pour déstabiliser et prendre le contrôle d'une partie du territoire national», a déploré Estelle Youssouffa sur le plateau de BFMTV. Selon elle, la problématique migratoire de l’île est devenue «une obsession pour l’extrême gauche (…) partagée par l’extrême droite».
Si depuis 2018, une dérogation au droit du sol existe déjà à Mayotte, le texte porté par Les Républicains prévoit de conditionner l’obtention de la nationalité française pour les enfants nés à Mayotte à la résidence régulière sur le sol français, au moment de la naissance, des «deux parents» (et non plus d’un seul) et ce depuis un an (et non plus trois mois).
Dans les faits, c’est un amendement UDR, le groupe d’Éric Ciotti allié du Rassemblement national, qui a été adopté, étendant le délai de résidence nécessaire à trois ans. Une confusion après le vote par erreur d’une douzaine de socialistes, trois écologistes et un communiste, qui souhaitaient, initialement, voter contre. Pour éviter une nouvelle délibération sur l’amendement, le garde des Sceaux Gérald Darmanin a promis de revenir au texte initial au Sénat.