Le président de la République Emmanuel Macron a proposé ce lundi de nommer l'ex-président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, un fidèle de la première heure du chef de l'État, comme président du Conseil constitutionnel en remplacement de Laurent Fabius, a annoncé l'Élysée dans un communiqué.
Plusieurs noms encore à valider. Choisi lundi par Emmanuel Macron pour succéder à Laurent Fabius à la tête du Conseil constitutionnel, l'ancien président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand doit désormais surmonter la délicate épreuve des auditions parlementaires, incertaine pour ce proche du président dans le contexte politique.
De leur côté, le président du Sénat Gérard Larcher a lui désigné le sénateur Les Républicains Philippe Bas comme membre du Conseil, tandis que la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a désigné l'ex-députée MoDem et ancienne magistrate Laurence Vichnievsky, selon des communiqués distincts de leurs institutions. Ces trois noms devront être validés, après audition le 19 février, par les commissions des Lois du Parlement.
En effet, une fois annoncées, les trois personnalités devront passer le cap de l'audition parlementaire. Celles-ci sont programmées le 19 février. Laurence Vichnievsky sera auditionnée par la Commission des Lois du Palais-Bourbon, Philippe Bas par celle du Palais du Luxembourg. Néanmoins, leur candidature sera recalée si trois cinquièmes des commissionnaires s'y opposent.
«Le monde du recasage et du recyclage des battus»
Richard Ferrand devra pour sa part convaincre dans les deux chambres, une mission ardue à l'Assemblée où le camp macroniste est loin d'être majoritaire.
D'autant plus que le choix d'Emmanuel Macron a d'ores et déjà été critiqué tant dans la classe politique que parmi les juristes. «Ce choix va indubitablement affaiblir la légitimité d'une institution qui va prendre une importance considérable, étant donné les circonstances politiques», a estimé sur X le sénateur communiste Pierre Ouzoulias.
Emmanuel Macron souhaite nommer Richard Ferrand à la présidence du Conseil constitutionnel.
Ce choix va indubitablement affaiblir la légitimité d’une institution qui va prendre une importance considérable, étant donné les circonstances politiques.https://t.co/6CnHvvSGS6— Pierre Ouzoulias (@OuzouliasP) February 1, 2025
Le profil de Richard Ferrand «ne s'intègre ni dans une exigence de compétence technique ni dans une impartialité, objective comme subjective, le plaçant au-dessus des contingences politiques», estiment pour leur part les universitaires Dominique Chagnollaud et Jules Lepoutre, dans une tribune au Monde.
Dimanche, la porte-parole du RN Edwige Diaz a dénoncé sur France 3 «le monde du recasage et du recyclage des battus», rappelant que Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale sortante, avait été battu aux législatives de 2022 dans le Finistère. De leur côté, les députés communistes ont déposé une proposition de loi pour encadrer les nominations au Conseil. Il faut «en finir avec les nominations qui font polémique et le fragilisent», écrivent-ils.
Richard Ferrand «coche quand même beaucoup de cases. Ancien président de l'Assemblée, comme (Jean-Louis) Debré, comme Fabius. Proche du président, comme cela se fait généralement. Politique, mais plutôt sorti du jeu», a rétorqué un chef de groupe.