Le patron du bar de Grenoble attaqué à la grenade mercredi soir a indiqué s’être senti personnellement «visé» lors de l'attaque de son bar qui a suscité la colère et l’inquiétude.
Alors que l’enquête se poursuit à la suite de l’attaque à la grenade survenue mercredi dans un bar de Grenoble (Isère), le patron de l’établissement est sorti du silence.
Blessé dans l’explosion, celui-ci a considéré qu’il avait été visé «personnellement». Cet homme de 56 ans a un lourd casier judiciaire, a indiqué le parquet de Lyon, qui supervise l’investigation. En effet, il a été condamné à onze reprises, comme l'a appris l'AFP, confirmant une information de Franceinfo. Son fils, également présent dans le bar le soir de l’explosion, a été condamné à treize fois, notamment pour un double meurtre.
Le jeune homme a ainsi été condamné à onze ans de prison pour le meurtre de Kevin Noubissi et Sofiane Tadbirt, deux jeunes lynchés à mort en 2012 à Echirolles, dans la banlieue de Grenoble, par une bande d'un quartier voisin.
Le lien potentiel entre ce meurtre, qui avait suscité une vive émotion, et l'attaque à la grenade «sera sans doute une piste de l'enquête», a déclaré David Metaxas, avocat du père et de son fils.
Quinze blessés
Mercredi soir, les deux hommes étaient dans ce bar, l'Aksehir, situé dans le quartier populaire Village olympique. Le fils l'a quitté juste avant qu'un homme cagoulé et armé d'un fusil d'assaut y lance une grenade à fragmentation, faisant quinze blessés.
Touché à la jambe, le père a été hospitalisé, sans que son pronostic vital ne soit engagé, a précisé son avocat.
Lors de son audition, le quinquagénaire a dit aux enquêteurs qu'il pensait être la cible de l'attaque.
Une «technique de guerre inédite»
Cette attaque a particulièrement choqué la classe politique, ainsi que l’opinion publique.
Lors d’un déplacement à Grenoble ce vendredi, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a dénoncé une «attaque inédite», évoquant «une technique de guerre qui n’avais jamais été utilisée en France». «C’est inadmissible, inacceptable, nous retrouverons celui qui a fait ça», a-t-il ajouté.
De son côté, Eric Piolle, le maire de Grenoble, a affirmé «s’en foutre des critiques et des procès en laxisme» lancés contre lui.