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Tensions avec Alger : Emmanuel Macron se dit «favorable» à «renégocier» l’accord de 1968

Emmanuel Macron a employé un ton différent de celui de son gouvernement quant aux tensions avec Alger. [© JUSTIN TALLIS/Pool via REUTERS]

Interrogé sur la relation entre la France et l’Algérie, Emmanuel Macron a, pour la première fois, affiché un désaccord avec son gouvernement en plaidant pour une renégociation de l’accord de 1968. 

Vers une renégociation plutôt qu’une dénonciation de l’accord de 1968 ? C’est ce qu’envisagerait le président de la République face aux tensions avec Alger. 

Dans une interview pour le Figaro ce lundi 3 mars, Emmanuel Macron a répondu à François Bayrou, son Premier ministre, qui a lancé un ultimatum à Alger quant à sa coopération dans la reprise de ses ressortissants clandestins. Un débat qui a notamment resurgi à la suite de l’attentat survenu à Mulhouse, commis par un Algérien sous OQTF et dont l’expulsion avait été refusée aux autorités françaises. 

Ainsi, François Bayrou avait indiqué au Figaro que «si l’accord n’est pas respecté, l’accord sera dénoncé». Un ultimatum qui n’a pas plu au président de la République : «Chacun est dans ses compétences. L’accord de 1968, c’est le président de la République», a affirmé ce dernier. 

«Ce qu’on a acté avec le président Tebboune en 2022, c’est sa modernisation. Je suis totalement favorable, non pas à le dénoncer, mais à le renégocier», a finalement ajouté Emmanuel Macron

Un durcissement poussé par Bruno Retailleau 

Ces déclarations font également écho aux propos de Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, toujours dans les colonnes du Figaro : «Il faut savoir que la France, de son côté, a tendu la main et n’a obtenu aucun résultat en retour. À un moment donné, il faut dire : "stop !"».

Mais Emmanuel Macron se refuse à suivre son gouvernement dans ce durcissement et a d’ores et déjà opté pour un ton plus conciliant, notamment lors de son déplacement au Portugal

Ainsi, le président a distingué l’accord initial de son actualisation en 1994, qui évoquait notamment les modalités d’expulsion des clandestins, et s’est montré ferme sur l’expulsion des Algériens sous OQTF considérés comme dangereux. 

«La sécurité des Français est au-dessus de tout. Je veux protéger les Français et je pense que le gouvernement a la même priorité. L’attentat de Mulhouse était un vrai cas de dysfonctionnement», a-t-il déclaré. 

«Il faut que tous les gens identifiés comme dangereux soient repris» 

«Je veux des résultats. Il faut que tous les gens identifiés comme dangereux soient repris. Et il faut que l’Algérie prenne ses responsabilités sur la situation de Boualem Sansal», a également indiqué le chef de l’État, inquiété par la situation de l’écrivain franco-algérien, emprisonné depuis novembre. 

Sur le reste, pour Emmanuel Macron, «il faut engager un dialogue exigeant et respectueux. C’est ensemble que l’on peut faire des choses intelligentes pour les deux côtés». 

Et pour un ministre familier de ce dossier, cette volonté de renégocier l’accord de 1968 plutôt que de le dénoncer n’est pas étonnante : «Le président a toujours été en désaccord avec le choix du rapport de force, parce qu’il y a une grosse communauté algérienne en France et qu’il est influencé par la ligne du Quai d’Orsay, qui consiste à ne pas se fâcher».

Toujours selon ce ministre, Emmanuel Macron aurait également considéré que les chiffres des laissez-passer consulaires délivrés par l’Algérie, nécessaires pour éloigner des clandestins, ne sont pas si mauvais ces derniers temps (3.000 laissez-passer en 2024, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur), notamment en comparaison avec ceux d’autres pays d’Afrique du Nord.

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