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Bétharram : la congrégation religieuse qui a longtemps dirigé l'établissement admet sa «responsabilité»

Les abus dénoncés par d'anciens élèves de Notre-Dame de Bétharram s'étalent sur un demi-siècle et remontent jusqu'aux années 1950. [Philippe Lopez / AFP]

La congrégation religieuse des pères de Bétharram, qui a longtemps dirigé l'établissement au coeur d'une vaste affaire de violences physiques et viols, a reconnu ce mardi sa «responsabilité» dans ces «abus massifs».

Accusée de «mutisme» depuis le début de l'affaire, la congrégation religieuse des pères de Bétharram est sortie de son silence. Dans une interview publiée par l'AFP ce mardi 4 mars, l'ordre reconnaît sa «responsabilité» dans les «abus massifs» dénoncés par d'anciens élèves du collège-lycée Notre-Dame de Bétharram.

Cette congrégation a longtemps dirigé cet établissement et sa prise de parole était donc très attendue, notamment par les victimes. Le prêtre Laurent Bacho s'est exprimé au nom de ses pairs, assurant se sentir «responsable» face aux «souffrances de ces enfants [...] anéantis».

Pour rappel, d'anciens religieux et personnels laïcs de Notre-Dame de Bétharram sont visés par plus de 150 plaintes déposées par d'anciens élèves qui dénoncent des violences physiques, des agressions sexuelles et des viols. Les faits, qui s'étalent sur un demi-siècle et remontent jusqu'aux années 1950 sont pour beaucoup prescrits.

Un nouveau fonds d'indemnisation

Il y a dix jours, le parquet de Pau (Pyrénées-Atlantiques) a ouvert une information judiciaire après un an d'enquête et un ancien surveillant de l'établissement a été mis en examen puis placé en détention provisoire.

Ce mardi, la congrégation a annoncé plusieurs mesures, notamment la création d'un fonds d'indemnisation pour les victimes de violences sexuelles prescrites commises par des laïcs. La création de cet organe sera financée par «la vente des quelques biens immobiliers» appartenant à la congrégation sur la commune de Lestelle-Bétharram, a précisé Laurent Bacho.

La Commission reconnaissance et réparation (CRR), mise en place par l'Eglise depuis 2021, a déjà permis d'apporter une réparation financière à 19 victimes de Bétharram, à hauteur de 700.000 euros. Mais elle ne concerne que les abus commis par des religieux.

Identifier «les causes» de ces abus

Laurent Bacho estime que la réparation financière «est importante parce qu'elle donne du poids à nos mots». Selon lui la congrégation veut aussi agir sur le plan «mémoriel», en édifiant un monument ou en installant une plaque.

Une commission d'enquête indépendante doit également être lancée pour identifier «les causes» de ces «abus massifs» commis durant des décennies dans cet établissement pourtant sous contrat avec l'Education nationale.

Son rôle sera notamment de recueillir la parole des victimes «dans différents pays» où la congrégation à des établissements. Elle «pourra étudier les archives», selon Laurent Bacho, et devra mettre en place des outils pour éviter un nouvel «aveuglement».

Enfin, la congrégation des pères de Bétharram participera le 15 mars à un forum sur les violences sexuelles organisé à Bayonne par l'Institut francophone pour la Justice et la Démocratie (IFJD). Cette ONG l'accompagne depuis plusieurs mois dans sa démarche auprès des victimes.

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