Dans un communiqué dévoilé ce vendredi, le parquet de Pau a indiqué avoir ouvert une information judiciaire des chefs de viol et agression sexuelle à l’encontre d’un seul des trois gardés à vue. Il a été mis en examen et placé en détention provisoire en début de soirée.
Une nouvelle étape dans l’affaire dite «Bétharram». Le procureur de la République de Pau, Rodolphe Jarry, a indiqué avoir ouvert une information judiciaire pour viol et agression sexuelle, ce vendredi 21 février, à l’encontre d’un des trois individus placés en garde à vue il y a quelques jours, a fait savoir le magistrat dans un communiqué.
Le suspect est en effet né en 1965. Il est visé par cette information judiciaire «des chefs de viol par personne ayant autorité entre 1991 et 1994 et agression sexuelle sur mineur de quinze ans en 2004», a écrit le procureur de la République de Pau, précisant que «les autres faits ayant justifié son placement en garde à vue apparaissaient prescrits».
Cet homme avait été interpellé pour «viols sur mineurs de 15 ans par personne ayant autorité commis en 1986 et entre 1991 et 1994 au préjudice de 2 victimes», «agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans par personne ayant autorité commis de 1986 à 2004 au préjudice de 5 victimes» et «violences volontaires sur mineurs de 15 ans commis de 1985 à 1989 au préjudice de 19 victimes».
«Au cours de ses auditions, il admettait avoir pu porter des gifles à des élèves, mais contestait avoir commis des violences plus graves ou avoir eu recours aux punitions décrites par les victimes. Il contestait en outre tout agissement à caractère sexuel», a écrit le procureur de la République de Pau.
Ce même individu a été mis en examen ce vendredi en début de soirée par le magistrat instructeur des chefs de viol aggravé et agression sexuelle aggravée. «Il a par ailleurs été placé en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention, conformément aux réquisitions de mon parquet», a annoncé le magistrat.
Deux individus remis en liberté
«Les investigations se poursuivront désormais sous l’autorité d’un juge d’instruction du tribunal judiciaire de Pau. L’information judiciaire devra s’attacher non seulement à éclairer les circonstances de commission des faits précités, mais aussi à rechercher et à entendre d’éventuelles autres victimes non encore connues à ce jour», a ajouté le magistrat.
Dans cette affaire, deux autres individus avaient été placés en garde à vue dans le cadre de l’enquête avant d’être remis en liberté.
Le premier individu, né en 1955, était placé en garde à vue pour «viol sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité commis entre 1985 et 1989 au préjudice d’une victime», «agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans par personne ayant autorité commis de 1978 et 1989 au préjudice de 18 victimes» et «violences volontaires sur mineurs de 15 ans commis de 1985 à 1989 au préjudice de 55 victimes».
«Durant ses auditions, il reconnaissait avoir pu porter des gifles à certains élèves dans le cadre de corrections. Il contestait en revanche avoir infligé les châtiments décrits par les victimes. Il réfutait fermement la totalité des faits de nature sexuelle qui lui étaient reprochés», a précisé Rodolphe Jarry.
97 victimes auditionnées
Le dernier gardé à vue est un homme né en 1931. Il avait été interpellé pour «des faits d’agression sexuelle intervenus de 1975 à 1962 au préjudice d’une victime». Au cours des auditions, il a reconnu un seul fait d’agression sexuelle au préjudice de la victime.
Il faut savoir que, dans cette affaire, 112 lettres ont été enregistrées à la date du 31 janvier 2025 pour «dénoncer des faits de viols aggravés, d’agressions sexuelles aggravées et de violences aggravées commis entre 1955 et 2004».
Au total, 97 victimes ont été auditionnées. «Parmi celles-ci, 3 victimes dénonçaient des faits de viols aggravés, 46 dénonçaient des faits d’agressions sexuelles aggravées et 97 dénonçaient des faits de violences aggravées, étant précisé qu’une même personne pouvait être victime de plusieurs faits de différente nature», a poursuivi Rodolphe Jarry.
«Les victimes, des garçons de 9 ans à 17 ans au moment des faits, décrivaient pour la plupart un climat de "terreur" au sein de l’institution où certains religieux et laïcs se livraient régulièrement à des actes de violences gratuits pouvant notamment consister en des gifles, des coups de pied, des coups de règle sur les doigts, mais aussi des coups de poing. Plusieurs victimes évoquaient également des punitions, parmi lesquelles celle dite du "perron" qui consistait à laisser les enfants, peu vêtus, parfois durant plusieurs heures, sur le perron de l’établissement, y compris la nuit», a-t-il expliqué.