L'ancien ministre de l'Intérieur Jean-Louis Debré est décédé à l'âge de 80 ans, a appris CNEWS ce mardi.
Fidèle de Jacques Chirac, Jean-Louis Debré est mort ce mardi 4 mars à l’âge de 80 ans, a appris CNEWS. Fils de Michel Debré, chargé de la rédaction de la Constitution de la Ve République, Jean-Louis Debré a occupé de nombreuses fonctions prestigieuses en politique.
Après avoir secondé Jean Tibéri à la mairie de Paris, en tant qu’adjoint, le magistrat de profession s’est vu confier le poste de ministre de l’Intérieur après la victoire de Jacques Chirac, dont il était l’un des porte-paroles, en 1995.
Au sein du gouvernement d’Alain Juppé, Jean-Louis Debré a été confronté à une série d’attentats islamistes, notamment celui survenu le 25 juillet 1995, à la gare RER de Saint-Michel, à Paris, qui a fait 8 morts et 117 blessés dans l’explosion d’une bouteille de gaz.
Ce mardi, l’actuel locataire de Beauvau, Bruno Retailleau a rendu hommage à ce proche de Jacques Chirac. «J’adresse toutes mes pensées à la famille et aux proches de Jean-Louis Debré. Du Ministère de l’intérieur au Conseil constitutionnel, en passant par la Présidence de l’Assemblée nationale, ce grand connaisseur et ce grand serviteur de nos institutions aura marqué de ses convictions gaullistes la vie politique française», a-t-il déclaré sur X.
J’adresse toutes mes pensées à la famille et aux proches de Jean-Louis Debré.
Du Ministère de l’intérieur au Conseil constitutionnel, en passant par la Présidence de l’Assemblée nationale, ce grand connaisseur et ce grand serviteur de nos institutions aura marqué de ses… pic.twitter.com/yX4Mg5wpFj— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) March 4, 2025
Un président du perchoir respecté
Député de l’Eure, de 1997 à 2007, celui-ci a eu l’occasion de présider l’Assemblée nationale, entre 2002 et 2007.
Ce mardi, Yaël Braun-Pivet, actuelle présidente du Palais-Bourbon a tenu à lui rendre hommage. «Présider l'Assemblée nationale, «ce lieu magique de la République», fut pour Jean-Louis Debré «l’honneur d’une vie» et «cinq ans de bonheur absolu». Du prétoire au Perchoir, en passant par le gouvernement et la présidence du Conseil constitutionnel, il n’aura eu de cesse de protéger notre République et ses institutions», a-t-elle déclaré sur X.
Présider l'Assemblée nationale, « ce lieu magique de la République », fut pour Jean-Louis Debré « l’honneur d’une vie » et « cinq ans de bonheur absolu ». Du prétoire au Perchoir, en passant par le gouvernement et la présidence du Conseil constitutionnel, il n’aura eu de cesse de… pic.twitter.com/j95U1xwdyX
— Yaël Braun-Pivet (@YaelBRAUNPIVET) March 4, 2025
Lors de sa présidence de l’Assemblée, Jean-Louis Debré a laissé l’image d’une personnalité respectueuse des oppositions, attachée aux droits de toutes les familles politiques représentées au PalaisBourbon à faire entendre leur voix.
A l'initiative des QPC
Jean-Louis Debré a présidé le Conseil constitutionnel français de 2007 à 2016, succédant à Pierre Mazeaud.
Durant son mandat, il a renforcé l’indépendance et l’autorité du Conseil, notamment en accompagnant la mise en place de la Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC) en 2010, qui permet à tout justiciable de contester la constitutionnalité d’une loi en vigueur.
Jean-Louis Debré s’est également illustré par son attachement à la neutralité et à l’impartialité du Conseil, malgré les tensions politiques qui ont parfois entouré certaines décisions.
Sous sa présidence, le Conseil a pris des décisions marquantes, notamment sur la réforme des retraites, la loi Hadopi ou encore la taxe à 75% sur les hauts revenus.