Ancien membre du Parti socialiste et ex-Premier ministre de François Hollande, Bernard Cazeneuve a indiqué avoir opéré un rapprochement avec Raphaël Glucksmann en lui proposant de fusionner leurs partis politiques.
Une alliance de gauche. L’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve a confié, dans un entretien à la revue L’Hémicycle, avoir proposé à Raphaël Glucksmann une fusion de leurs partis politiques respectifs dans une optique de rassemblement.
«J'ai déjà dit à Raphaël Glucksmann que j'étais prêt à fusionner le mouvement que j'ai lancé en 2023, La Convention, avec le sien, Place publique», a expliqué celui qui a quitté le PS après l’annonce de la création de la NUPES, qu’il estimait être «une perte de boussole» pour les socialistes.
Ainsi, avec ce premier pas vers le député européen, Bernard Cazeneuve souhaite préparer l’avenir d’une gauche indépendante pour la présidentielle de 2027. Le dernier chef de gouvernement du quinquennat Hollande se dit même disposé à se ranger derrière un autre candidat social-démocrate.
«Je ne revendique aucun leadership et je ne saborderai pas des initiatives pertinentes au motif qu'elles ne seraient pas rangées derrière moi», a-t-il assuré.
Une opposition à la censure
Par ailleurs, Bernard Cazeneuve a admis avoir changé de positionnement sur la question du scrutin à la proportionnelle. «J'(y) ai toujours été défavorable, mais je pense qu'il faut désormais le mettre en œuvre, pour des raisons qui tiennent aux circonstances», afin de «permettre transitoirement une représentation plus équilibrée des sensibilités en présence et, surtout, le rassemblement des forces de gouvernement pour endiguer le danger populiste», a-t-il expliqué.
Néanmoins, ce revirement ne va pas jusqu’à souhaiter la convocation de nouvelles élections anticipées ou le renversement du gouvernement. Car même si celui de François Bayrou «ne tient qu'à un fil», son lointain prédécesseur a jugé «souhaitable qu'il puisse tenir jusqu'à l'élection présidentielle, pour éviter que la crise politique ne vire à la crise de régime».
En effet, tout comme Lionel Jospin, lui aussi ancien Premier ministre socialiste, Bernard Cazeneuve s’est dit opposé à la censure du gouvernement de François Bayrou. Il a estimé que le «chaos institutionnel» qu’elle engendrerait «ne profiterait qu'à Jean-Luc Mélenchon et à Marine Le Pen».