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Déserts médicaux : le gouvernement veut imposer aux médecins d'y consulter jusqu'à deux jours par mois

Le Premier ministre dévoile ce vendredi le plan du gouvernement pour combattre les déserts médicaux. [AFP]

Alors que François Bayrou est en déplacement dans le Cantal ce vendredi sur la brûlante question de la liberté d'installation des médecins, le gouvernement envisage d'imposer aux soignants de réaliser des consultations jusqu'à deux jours par mois dans les déserts médicaux.

Un «principe de solidarité» du corps médical. Ce vendredi 25 avril, le gouvernement a dévoilé son plan pour lutter contre les déserts médicaux, profitant d’un déplacement de François Bayrou dans le Cantal pour évoquer la liberté d’installation des médecins. L’exécutif souhaite imposer jusqu’à deux jours par mois de temps de consultation aux professionnels de la santé dans les zones prioritaires du territoire, a-t-il annoncé.

Une initiative présentée comme une alternative à la «fin de la liberté d’installation» des médecins, mesure induite dans une proposition de loi transpartisane, dont l’article phare a été adopté début avril par l’Assemblée nationale, avant l’examen de la suite du texte prévu début mai. Cette mesure va concerner «tous les médecins», comprenant «des contreparties financières». À contrario, les médecins qui refuseraient «se verront pénalisés». 

En 2024, 6 millions de Français n’avaient pas de médecin traitant. Ainsi, la lutte contre le manque de professionnels de la santé dans certaines zones du territoire national fait partie des priorités du Premier ministre. 

François Bayrou veut éviter «toute contrainte à l’installation»

Avec cette initiative, le Premier ministre entend adresser «un message de confiance à l’ensemble des soignants» avec «l’idée de ne pas privilégier les solutions de contrainte à l’installation», selon une source gouvernementale à l’AFP.

Le plan présenté ce vendredi par l’exécutif comprend également un axe porté sur la formation, avec l’idée de «permettre au plus de jeunes possible d’accéder aux études de santé au plus près de leur territoire», mais aussi de «recruter dans les territoires ruraux ou moins favorisés», a ainsi révélé la même source.

En effet, un nouveau médecin s’installe plus volontiers dans son territoire d’origine. Selon l’Insee, en novembre 2024, 50% des médecins généralistes formés exerçaient à moins de 85 km de leur lieu de naissance et une installation sur deux était située à moins de 43 km de l’université d’internat.

L’exécutif entend ainsi développer massivement les stages en «territoires sous-denses» pour les étudiants en médecine. Chaque département - les trois-quarts le sont aujourd’hui - devra être pourvu d’une première année aux études de santé.

Une cartographie des «zones rouges»

Le gouvernement souhaite par ailleurs confier de nouveaux actes aux autres professionnels de santé. Par exemple, un patient souffrant de rhinite allergique saisonnière pourrait ainsi se rendre en pharmacie pour recevoir son traitement avec une ordonnance échue (c’est à dire expirée dans la limite de trois mois, par délivrance d’un mois).

De plus, dans le délai d’un mois, l’exécutif a demandé la mise en place d’une cartographie des «zones rouges», à savoir des zones particulièrement prioritaires. Un travail qui sera confié aux agences régionales de santé (ARS), «en lien étroit avec les préfets et les élus locaux», afin de «définir département par département les zones les plus prioritaires» pour l’application de ce plan.

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