La maire de La Grand-Combe Laurence Baldit a dénoncé ce dimanche «des instrumentalisations politiques qui divisent», s'adressant à l'eurodéputée insoumise Rima Hassan, qui l'a accusée d’avoir voulu empêcher une marche blanche «contre l'islamophobie», après le meurtre du jeune Aboubakar dans une mosquée de la commune.
Elle «ferait bien de prendre ses informations à la source». Alors qu'un rassemblement était prévu dimanche 27 avril à Paris «contre l'islamophobie», à l'appel de plusieurs figures de LFI comme Eric Coquerel, Rima Hassan ou la N°1 des Verts, Marine Tondelier, la maire de La Grand-Combe, Laurence Baldit, a affirmé ne pas avoir voulu l'empêcher.
En effet, l'eurodéputée Rima Hassan a reproché à l'élue d'avoir voulu compromettre l'organisation de ce rassemblement, faisant suite au meurtre d'Aboubakar Cissé, un jeune Malien tué de plusieurs dizaines de coups de couteau vendredi dernier dans la mosquée de La Grand-Combe (Gard).
Un appel à la prudence
Dans les colonnes de l'Humanité, Laurence Baldit a enjoint à la prudence. «En tant que maire, je ne parle pas d’islamophobie pour le moment pour une raison simple : j’ai participé aujourd’hui avec les responsables des cultes du territoire, à une réunion avec le ministre de l’Intérieur, le procureur et le préfet qui invitent tous à être très prudents sur la caractérisation du meurtre, en attendant d’être fixés complètement sur les motivations de l’assassin. Il y a eu un tel déchaînement de violence, avec cinquante coups de couteau, que l’on peut s’interroger sur la stabilité mentale de la personne qui s’est livrée à une telle folie meurtrière», a-t-elle expliqué.
«Cela étant dit, l’acte islamophobe et le crime anti-musulman ne sont évidemment pas à écarter : il s’agit du meurtre d’un musulman, qui plus est au moment de la prière, et qui a en plus été commis dans une mosquée. Il y a donc évidemment de quoi se sentir visé tout particulièrement et meurtri quand on est musulman», a-t-elle ajouté.
Concernant les accusations de Rima Hassan, Laurence Baldit a estimé que l'eurodéputée LFI «ferait bien de prendre ses informations à la source. Je trouve extrêmement malsain, devant la mort d’un jeune, de penser à autre chose qu’au respect dû à la victime et à la communauté musulmane, en se livrant à des tentatives d’instrumentalisations politiques qui divisent au lieu de rassembler.»
«Il est absolument faux de dire que j‘aurais essayé d’empêcher cette marche. J’ai été informée de la tenue de cette marche blanche par la gendarmerie. Personne ne savait qui l’organisait. Les autorités musulmanes locales n’en étaient pas à l’origine et se sont dans un premier temps senties dépossédées, avant de consentir à y aller. J’ai finalement appris que l’appel avait été lancé sur les réseaux sociaux par un groupe de trois élus de ma majorité», a conclu l'élue.