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«Une éducation au sommeil est nécessaire» : une convention citoyenne sur les temps de l'enfant place le repos, souvent négligé, au centre des discussions

Le sommeil est crucial dans le développement des enfants. [©Adobe Stock]

Emmanuel Macron l’avait annoncé au début du mois de mai dernier, la convention citoyenne sur les temps de l’enfant s’ouvre ce vendredi 20 juin. Au cœur des discussions, le besoin de sommeil des plus jeunes.

Le sommeil, un des piliers du développement. La convention citoyenne sur les temps de l’enfant s’ouvre ce vendredi 20 juin. L’occasion de se pencher sur l’importance cruciale du repos pour les plus jeunes.

Pour rappel, cette convention voulue par Emmanuel Macron et annoncée en mai dernier a pour but de travailler sur l’organisation des journées scolaires des mineurs, c’est-à-dire le nombre d’heures de classe, les horaires ou encore le nombre de vacances. Ainsi, un panel de 130 Français tirés au sort est auditionné par des experts pour proposer des solutions.  

Au-delà de ces considérations purement scolaires, Pierre-Alexis Geoffroy, responsable du centre ChronoS (Psychiatrie, Chronobiologie, Sommeil) et psychiatre à l'AP-HP, a estimé dans une interview accordée à l’AFP, qu’il était important de prendre le temps d’étudier le rôle du sommeil dans le développement des enfants.

«Le sommeil, c'est, avec l'alimentation et l'exercice physique, l'un des piliers de la santé, du développement de l'enfant», a expliqué Pierre-Alexis Geoffroy, rappelant que «l'enfant se développe la nuit, notamment l'hormone de croissance qui est sécrétée» durant cette dernière.

Les dormeurs montrés du doigt

Les risques pour un enfant en manque, voire en privation de sommeil sont nombreux : «être somnolents, s’endormir en cours…» mais aussi une discrimination sociale «quand vous êtes endormi en cours, les petits copains, les profs font des blagues».

Au-delà de ça, une privation de sommeil à long terme peut avoir des répercussions graves. «Ce "jetlag social" est associé, avec la privation de sommeil et les rythmes irréguliers, à une mauvaise santé mentale et physique, ou encore à plus de suicides», a mis en garde le psychiatre.  

Pour Pierre-Alexis Geoffroy le problème est sociétal. En France, «les grands dormeurs sont montrés du doigt comme des feignants, et cela commence dès l'école». Pourtant, les besoins de sommeil de l’enfant sont grands et revêtent une importance fondamentale.

«Une éducation au sommeil est nécessaire» en France, a estimé le psychiatre, ajoutant : «On devrait avoir les bases de ce qu'on appelait avant "l'hygiène de sommeil».

«Le besoin en sommeil évolue avec l'âge, mais c'est entre 10 et 14 heures pour les enfants préscolaires. Entre 6 et 13 ans, la durée recommandée est de 9 à 11 heures. Et les adolescents, c’est plutôt 8 à 10 heures», a-t-il détaillé.

La lecture plutôt que les écrans

Si on les diabolise, les réseaux sociaux et les écrans ne sont pas la cause de tous les problèmes de sommeil des enfants. En effet, selon Pierre-Alexis Geoffroy, une majorité des adolescents éprouvent des difficultés à s’endormir et se tournent vers ces derniers pour s’occuper.

C’est cette occupation qui est malsaine. La lumière bleue produite par les écrans «va inhiber la sécrétion de mélatonine, l’hormone favorisant l'endormissement» et aggraver la situation. «On conseille beaucoup la lecture avant de dormir : c'est très relaxant, cela fait couper avec la rumination, l'anxiété de la journée», a-t-il ajouté.

«Si l'on dort peu ou moins bien, le développement, la consolidation de la mémoire, la régulation métabolique et émotionnelle, la régénération de l'énergie se font moins bien... la privation de sommeil a un impact développemental global terrible sur l'enfant», a-t-il martelé.

Une piste envisagée pour permettre aux enfants d’avoir un sommeil plus long et donc plus réparateur, serait de décaler les horaires de début des classes. «On a des horaires scolaires bien trop précoces. Les chronobiologistes se battent depuis des années pour retarder le début de l'école à 9h», a estimé Pierre-Alexis Geoffroy.

Sept sessions de cette convention citoyenne sur les temps de l’enfant d’ici à novembre. Des enseignants, des chefs d’établissement, des parents, des élus locaux, des associations, des experts médico-sociaux et économiques seront associés à ce projet. 

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