Avec l’échec du conclave sur les retraites annoncé par François Bayrou ce mardi, les communistes et les écologistes ont indiqué leur intention de soumettre une nouvelle motion de censure à l’encontre de son gouvernement. Cette dernière a-t-elle des chances d’aboutir ?
Quel avenir pour le gouvernement ? Une fois de plus, le Premier ministre se retrouve sur la sellette avec la motion de censure initiée à son encontre par les députés communistes et écologistes après l'impasse des négociations sur les retraites dans le cadre du conclave.
Parmi les onze groupes formant l’Assemblée nationale, tous ne voteront pas en faveur de cette motion de censure. En effet, le bloc central, composé des députés Ensemble pour la République, Horizons et Les Démocrates, soutient le gouvernement de François Bayrou et ne souhaite pas son renversement.
Il en va de même pour la Droite Républicaine, qui abrite les députés Les Républicains et leurs alliés. Le groupe mené par Laurent Wauquiez ne censurera pas le gouvernement puisque le chef du parti, Bruno Retailleau en est le ministre de l’Intérieur.
La gauche va censurer
À l’initiative de cette motion de censure, les députés des groupes Écologiste et social et de la Gauche Démocrate et Républicaine devraient voter cette dernière. Lors de l’annonce de cette motion, le député communiste Stéphane Peu avait indiqué qu’elle serait «proposée aux autres groupes du Nouveau Front populaire».
La France insoumise, qui souhaite la censure du gouvernement Bayrou depuis de longs mois, a d’ores et déjà indiqué qu’elle souhaitait voir «l’ensemble des groupes à gauche de l’Hémicycle retrouver le chemin de la censure».
Lors des questions au gouvernement, les socialistes ont également fait part de leur volonté de censurer François Bayrou et ses ministres. En effet, le président du groupe, Boris Vallaud, a estimé que le Premier ministre avait refusé de s’engager à présenter devant le Parlement un texte qui permettrait de débattre de l’âge de départ à 64 ans.
Le Rassemblement national en arbitre
Une fois de plus, c’est donc entre les mains du Rassemblement national que se trouve le dénouement de cette motion de censure. Une situation qui agace le coordinateur de la France insoumise, Manuel Bompard, qui a déploré ce mercredi : «Si le RN ne vote pas la motion de censure, il continuera à être la béquille du macronisme».
Présent sur CNEWS également mecredi, le député Jean-Philippe Tanguy a estimé que «faire tomber François Bayrou n’abaissera pas l’âge de départ à la retraite», indiquant ainsi que son groupe ne voterait pas en faveur de la censure.
Néanmoins, si le RN n'entend pas voter cette motion de censure, il se réserve le droit de faire tomber François Bayrou au moment du budget, comme ce fut le cas pour son prédécesseur, Michel Barnier. «Son tour viendra», a prédit Sébastien Chenu, le vice-président du parti.
Reste que si la motion de censure a, dans ce contexte, toutes les chances d’échouer, elle devrait quoi qu'il en soit être votée dans le courant de la semaine prochaine.