L’ancienne Première Dame, Bernadette Chirac, est morte ce vendredi 5 juin à l’âge de 93 ans. Une longue vie marquée par des réussites politiques et caritatives mais également par la perte de sa fille aînée Laurence en 2016.
Un drame familial. Bernadette Chirac s’est éteinte ce vendredi 5 juin à l’âge de 93 ans, a annoncé sa fille Claude Chirac. Si sa vie a été marquée par de nombreux achèvements, elle a été bouleversée par la mort tragique d'une autre de ses filles, Laurence, à l’âge de 58 ans.
Fille aînée du couple Chirac, Laurence était née en mars 1958. Décrite comme une enfant intelligente et gaie, la vie de Laurence Chirac a pris un tournant dramatique lorsque à l’âge de 15 ans, elle a été atteinte d’une grave méningite qui lui a détruit l’hypophyse. Une première maladie qui en entraînera une bien plus insidieuse : l’anorexie mentale.
En effet, probable symptôme de la destruction de son hypophyse, la fille de Jacques et Bernadette Chirac a cessé de s’alimenter dans les semaines suivant sa méningite. Selon les médecins, les problèmes anorexiques qui se sont installés peuvent être dus à la complexe vie d’une enfant, fille de deux figures politiques de premier plan.
Comme l’a rappelé une psychologue à CNEWS, l’anorexie mentale est une maladie du trouble alimentaire qui est souvent liée à une dysfonction du cercle familial et dans ce cas un probable sentiment d’abandon et de solitude face à l’ambition politique du couple.
Une source de culpabilité pour le couple Chirac
La maladie de leur fille Laurence a été source de beaucoup de culpabilité pour Bernadette Chirac et son mari. Très proches de cette dernière, ils ont essayé au mieux de lui apporter le soutien et la présence dont elle avait besoin pour guérir.
Pourtant, Laurence Chirac ne s’est pas remise. Elle a entamé des études de médecine mais n’est pas parvenue jusqu’à l’internat. Des années plus tard, Bernadette Chirac a confié que la jeune fille ne pesait plus que 27 kilos lorsqu’elle avait cessé ses études.
Toutefois, le pire n’est arrivé que plus tard. En effet, le 13 avril 1990, Laurence Chirac alors âgée de 32 ans a tenté de se tuer en se jetant du 4e étage de son immeuble de la rue du Père-Corentin dans le 14e arrondissement de Paris.
Bernadette et Jacques Chirac étaient alors en déplacement en Thaïlande. Des rumeurs ont fait état de la mort de Laurence Chirac et ces dernières ont persisté durant plusieurs semaines malgré les dénégations.
Si Laurence a survécu à cette tentative, elle n’en est pas sortie indemne. En effet, gravement blessée au bassin, aux jambes et à la tête, il lui est devenu impossible de travailler. La jeune femme a alors vécu en retrait avec une infirmière.
Une inspiration pour Bernadette Chirac
Si elles n’ont pas été aussi médiatisées que celle de 1990, Laurence Chirac aurait fait dans sa vie plusieurs tentatives de suicide. Sa mort le 14 avril 2016 a toutefois résulté d’un malaise cardiaque.
En 2007, Jacques Chirac avait confié sur Laurence que ne pas parvenir à la «sauver» de l’anorexie «a été le drame de ma vie». Mais si la maladie de leur fille a profondément marqué les Chirac, elle a aussi été une inspiration et un moteur pour Bernadette dans son engagement caritatif.
«Il est certain que si ma fille aînée n’avait pas été frappée par cette terrible maladie, je ne me serais jamais aperçue des complications pour trouver ce genre d’établissement», confiait en 2004 Bernadette Chirac lors de l’ouverture de «la Maison de Solenn», un établissement consacré à l’anorexie.
Une maison nommée en l’honneur de la fille du journaliste Patrick Poivre d’Arvor, Solenn, qui s’est suicidée à l’âge de 19 ans après avoir souffert d’anorexie mentale.
Son engagement dans la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France a aussi été impactée par sa fille, notamment via son travail acharné pour l’opération Pièces jaunes ayant pour but de venir en aide aux enfants malades.