La rentrée de septembre s’annonce difficile pour des milliers de contribuables, qui devront s’acquitter d’un reliquat d’impôt sur le revenu. En cause : pour la première fois en deux ans, les salaires ont progressé plus rapidement que l’inflation.
Voilà une nouvelle qui ne va pas faire que des heureux. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), de nombreux Français devront s’acquitter d’un reliquat d’impôt sur les revenus en septembre prochain.
La raison ? Le rendement de l’impôt sur le revenu serait en «nette hausse» sur l’année 2024, comparé à 2023. Une bonne nouvelle pour les finances de l’État, mais un peu moins pour les contribuables, qui seront nombreux à devoir payer un complément à la rentrée. Pour rappel, les déclarations de revenus ont été finalisées en juin dans l’ensemble des départements, y compris en outre-mer.
Dans son dernier rapport, l’Insee relève que les «revenus soumis à l’impôt sur le revenu en 2024 ont progressé davantage que l’indice des prix à la consommation sur lequel est indexé le barème». En clair : les revenus des Français ont augmenté plus vite que l’inflation.
Conséquence : si votre salaire a augmenté cette année, vous risquez de devoir payer un reliquat. En effet, le taux de prélèvement à la source appliqué tout au long de l’année repose sur une estimation. Si vos revenus réels dépassent ce qui était prévu, votre impôt augmente lui aussi, même si cela ne se reflète pas immédiatement dans vos prélèvements mensuels.
Une épargne en baisse au troisième trimestre
Une situation d’autant plus frustrante que les deux années fiscales précédentes, 2022 et 2023, avaient connu une tendance inverse : l’inflation avait alors progressé plus rapidement que les salaires, ce qui avait permis à des millions de contribuables de bénéficier d’un remboursement d’impôt.
En 2023, près de 16 millions de Français avaient ainsi reçu un remboursement moyen de 908 euros de la part du fisc. En 2022, ils étaient 15 millions à avoir perçu en moyenne 844 euros.
Du côté de l’épargne, l’Insee souligne que, comme à leur habitude, les Français ont bien épargné en début d’année. Cependant, cette tendance devrait ralentir, voire s’inverser, d’ici à septembre.
Le taux d’épargne devrait ainsi rester «à un niveau très élevé au deuxième trimestre (18,7 %, après 18,8 % au premier trimestre 2025)», mais l’institut prévoit «une forte baisse au second semestre 2025, pour atteindre 17,3 % en fin d’année». Une diminution largement imputable au calendrier fiscal.