Aller au contenu principal
Toute l’actu en direct 24h/24
Avec notre application gratuite
Installer
En Direct
En direct
A suivre

Enfant mort dans une voiture à Istres : tout savoir sur le «syndrome du bébé oublié», révélateur d'un mécanisme psychique complexe

Le corps d'un enfant se réchauffe 3 à 5 fois plus vite que celui d'un adulte. [©Freepik]

Le drame survenu sur la base aérienne d'Istres il y a quelques jours, où un petit garçon a été retrouvé inanimé dans la voiture de son père garée en plein soleil, a recentré l'attention sur le «syndrome du bébé oublié». Un fléau bien plus fréquent qu'il n'y paraît, même s'il ne conduit pas toujours, fort heureusement, au pire. 

Un syndrome qui n'épargne personne. Un enfant de 2 ans est mort le 26 juin dernier sur la base aérienne d'Istres (Bouches-du-Rhône) après avoir été oublié dans la voiture de son père garée en plein soleil. Placé en garde à vue pour homicide involontaire, le père de famille a été libéré le lendemain en attendant la poursuite des investigations.

Ce drame illustre la fragilité de l'organisme humain face aux fortes chaleurs. Concrètement, le corps d'un enfant se réchauffe trois à cinq fois plus vite que celui d'un adulte, et la température à l'intérieur d'une voiture peut augmenter de 20 °C en seulement dix minutes. 

En cas d'oubli par temps chaud, voire caniculaire, les conséquences peuvent donc être dramatiques en seulement quelques minutes. 

Différencier l'oubli de l'abandon

Ces terribles accidents, que les professionnels du soin nomment «syndrome du bébé oublié», est à différencier de l'abandon volontaire. En effet, il n'est pas le résultat d'une négligence intentionnelle, mais est souvent dû à des changements de routine, au stress, à la fatigue ou à des distractions. 

Docteur en psychopathologie, Hélène Romano insiste d'ailleurs sur ce point : «Il faut vraiment différencier deux catégories de personnes, celles qui abandonnent intentionnellement, et celles qui oublient l'enfant parce que le bébé dort et n'attire pas l'attention, le tout combiné à une charge mentale trop élevée qui les pousse à l'oublier»

Bien plus fréquent que ce que les faits divers laissent penser, ce cas de figure témoigne d'un état psychologique inquiétant chez les parents, lequel peut inconsciemment se répercuter sur la vie de leurs enfants. Un mécanisme que la professionnelle décrypte notamment dans son livre «Quand la vie fait mal aux enfants» (éd. Odile Jacob)

«cela peut arriver à tout parent qui aime son enfant»

Le stress, la fatigue et l'anxiété, autrement dit la surcharge mentale d'un parent, notamment d'enfant en bas âge, est bien souvent sous estimée par les parents eux-mêmes, qui se retrouvent submergés sans même s'en apercevoir. 

Cette surcharge diminue drastiquement la mémoire, la concentration et les fonctions exécutives du cerveau. Un parent fatigué, stressé par le travail, des soucis personnels ou un manque de sommeil chronique, est plus susceptible de voir ses capacités cognitives affaiblies. 

«Aucun parent détendu, sans stress, n'oublie son bébé. Ce sont des parents exténués», insiste Hélène Romano, qui tient à préciser que «cela peut arriver à tout parent qui aime son enfant».

Les parents peuvent dans ces situations extrêmes passer en pilote automatique, agir sans réfléchir, en oubliant le bébé. «Il y a même des situations inverses où les parents sont persuadés d'avoir leur bébé dans la voiture et prennent conscience plus tard que non, ce n'est pas eux qui s'en occupent aujourd'hui», affirme la docteur. 

«Tout parent en surcharge mentale peut être à risque d'oublier son bébé, insiste-t-elle. C'est comme pour un bébé qui se blesse sous la surveillance d'un parent, le manque d'attention est lié à une situation de stress extrême».

Il est important de souligner que personne n'est à l'abri, ni le père, ni la mère, ni certaines catégories socio-professionnels. 

Des moyens limités pour diminuer les risques 

La surcharge mentale qui entraîne ces dérives involontaires est un mal difficile à combattre car difficile également à identifier. 

«Il y a des cas de parents dans le déni», explique encore Hélène Romano, incapables de se rendre compte qu'ils vont mal et donc de se prendre en charge, de consulter un professionnel ou tout simplement de lever le pied. 

Il s'agit donc de faire de la prévention, d'être à l'écoute entre conjoints, de communiquer, et de s'assurer que l'autre va bien et est en capacité de remplir son rôle de parent : «En cas de doute, un petit message pour rappeler à son compagnon la tâche qu'il a à remplir» est toujours le bienvenu. 

Autre point soulevé par la docteur en psychopathologie, l'éventualité de se servir des nouvelles technologies pour alerter. Par exemple mettre en place un système de ceinture connecté, qui alerte le parent de la présence d'un bébé à bord si celui-ci n'a pas été détaché. 

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Dernières actualités