Un nouveau décret contre le tabac entre en vigueur à partir de ce mardi 1er juillet. De nouveaux lieux extérieurs sont concernés par l’interdiction de fumer.
Dans l’optique de réduire la consommation de tabac et de protéger les enfants du tabagisme passif, le Gouvernement a mis en place de nouvelles restrictions. Depuis ce mardi 1er juillet, en plus des lieux collectifs, de nouvelles zones interdisent la consommation de cigarettes. L’objectif est de parvenir à une génération sans tabac à l’horizon 2032.
Parcs, abris de bus... La cigarette interdite dans de nombreux lieux de l’espace public
«Là où il y a des enfants, le tabac doit disparaître», avait déclaré Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, lors de la présentation de la loi. Dès lors, le décret proscrit la cigarette dans de nombreux lieux. Sont concernés, selon Service-Public : les parcs et jardins publics, les plages bordant des eaux de baignade, les abris de bus et zones couvertes d’attente des voyageurs, les abords des écoles, collèges, lycées et autres lieux destinés à l’accueil, à la formation ou à l’hébergement de mineurs, ainsi que les espaces ouverts et abords des bibliothèques, piscines, stades et installations sportives.
Les terrasses des cafés et des restaurants ne sont pas concernées par l’interdiction de fumer. Malgré la demande des associations, notamment du Comité National Contre le Tabagisme (CNCT), le gouvernement n'a pas plié. Le CNCT, dans son communiqué, «regrette vivement que les terrasses des cafés, restaurants ne soient pas prises en compte alors même que ces lieux sont fréquentés par les familles et susceptibles précisément de protéger les enfants». Le Pr Yves Martinet, président du comité, déplore «qu’une fois de plus le lobby du tabac ait amoindri la portée des mesures allant à l’encontre de l’intérêt général».
Une période de « pédagogie », puis des amendes en cas de non-respect
Des panneaux de signalisation rappelleront l’interdiction de fumer dans les «espaces sans tabac», explique le ministère de la Santé. Une période de pédagogie pourra être mise en place par les municipalités, comme l’avait déclaré Catherine Vautrin en mai. Le non-respect de l’interdiction de fumer est passible de sanctions de 4e classe, soit de 135 € si la personne en infraction paie directement à l’agent verbalisateur, et jusqu’à 750 € si l’affaire va jusqu’aux tribunaux.
vers une nouvelle hausse du prix du tabac à la rentrée
Le prix du tabac, lui, ne change pas au 1er juillet. Déjà augmenté le 1er mars et le 1er juin, la nomenclature des prix de vente au détail des tabacs manufacturés n’est pas modifiée pour le mois de juillet. La majorité des paquets de cigarettes atteignent, depuis le début de l’année, les 12,50 euros. Les prochaines hausses sont prévues pour le mois de septembre 2025. Ministre de la Santé en novembre 2023, Aurélien Rousseau avait annoncé que le prix du paquet de cigarettes allait passer à 13 euros en 2026.
Ces nouvelles mesures vont dans le sens du «défi d’une génération débarrassée du tabac dès 2032» et de son programme national de lutte contre le tabac 2023-2027, présenté par le ministre de la Santé d’alors, Aurélien Rousseau, en 2023.
La consommation de tabac tue chaque année 75.000 personnes en France, rappelle le ministère de la Santé, soit plus de 200 décès par jour. Le tabagisme passif est lui aussi mortel et fait entre 3.000 et 5.000 morts par an, selon les données officielles. Au total, le coût social du tabac est estimé à 150 milliards d’euros par an.