La méthode de calcul du diagnostic de performance énergétique (DPE) va évoluer au 1er janvier prochain pour être plus favorable aux chauffages électriques et ainsi sortir 850.000 logements du statut de «passoire énergétique.
Un objectif : accélérer l’électrification des ménages. Le Premier ministre François Bayrou a annoncé, via un communiqué publié mercredi, que la méthode de calcul du diagnostic de performance énergétique (DPE) va évoluer au 1er janvier 2026 pour favoriser les chauffages électriques.
Cette réforme devrait faire sortir de la catégorie de passoire énergétique 850.000 habitations sur les 5,8 millions de logements classés F ou G au DPE, selon le gouvernement qui base son évaluation sur la plate-forme de données de l'Agence de l'environnement (Ademe).
Dans le détail, c'est le coefficient de conversion de l'électricité, qui sert à calculer l'énergie réellement consommée, qui va passer de 2,3 actuellement à 1,9 l’an prochain.
[Brève] Le gouvernement confirme, avec un communiqué de presse publié ce matin, la diminution du coefficient de conversion de l'électricité (CEP) dans le DPE. Le calcul évoluera le 1er janvier 2026. https://t.co/O24iQ9w0qrpic.twitter.com/jbyABq92v5
— Quotidiag (@Quotidiag) July 9, 2025
L'actualisation d'un DPE existant sera possible gratuitement via la plate-forme de l'Ademe, sans faire appel à nouveau à un diagnostiqueur et il n'y aura pas de réévaluation négative des DPE existants, a précisé le ministère chargé du Logement. La bascule pourra permettre de gagner au maximum un cran sur l'échelle de notes, qui va de A (la meilleure) à G (la plus médiocre).
Matignon a indiqué dans un communiqué que cette «évolution permettra de mieux refléter la réalité du mix énergétique français, largement décarboné grâce au nucléaire, et de corriger une inégalité de traitement pénalisant jusqu'ici les logements chauffés à l'électricité».
Mieux cibler les aides à la rénovation énergétique
«Cette décision permettra par ailleurs de cibler plus efficacement les aides à la rénovation énergétique sur les logements chauffés aux énergies fossiles», a souligné Matignon. En juin dernier, le gouvernement avait assuré vouloir changer les règles d'attribution de ces aides MaPrimeRénov' et les recentrer sur les logements les plus énergivores.
Nicolas Goldberg, expert en énergie chez Colombus Consulting, a affirmé que «cette modification évite à certains logements de moins de 40 m² d’être classés comme des passoires thermiques parce qu’ils sont à l’électricité, alors qu’ils ne l’auraient pas été s’ils avaient été chauffés au gaz».
Par conséquent, 14% des logements à étiquette F ou G «ne seront plus des passoires, sans même faire des travaux, c'est magnifique», a ironisé David Rodrigues, le responsable juridique de l'association CLCV (Consommation, logement et cadre de vie).
«Les premiers perdants sont les locataires»
Dans une lettre ouverte, une coalition de 16 organisations, dont des associations écologistes et de protection des consommateurs, ont demandé au Premier ministre de renoncer à cette réforme dont les «premiers perdants» seraient «bien entendu les locataires, souvent précaires, de passoires et bouilloires thermiques».
Pour David Rodrigues, ce changement de calcul du DPE «n'est ni plus ni moins qu'un positionnement politique pour favoriser l'électricité et le nucléaire, et un cadeau fait aux bailleurs et aux professionnels qui demandaient depuis des années un allègement des contraintes».
La ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, s'est félicitée de cette décision, perçue comme un «signal fort en faveur de l’électrification des logements».