Le ministre de l'Economie, Eric Lombard, est revenu ce jeudi 17 juillet sur l'ouverture à la monétisation de la 5e semaine de congés payés, évoquée par la ministre du Travail dans le cadre du budget 2026.
Les ministres ne sont pas raccords. Dans la foulée des annonces du Premier ministre, mardi, Astrid Panosyan-Bouvet, ministre du Travail, avait indiqué qu'il serait proposé aux salariés de «monétiser la cinquième semaine de congés payés» pour augmenter le temps de travail. Mais son homologue de l'Economie, Eric Lombard, a démenti ce jeudi.
«Nous voulons rechercher […] un objectif d’incitation à augmenter le temps de travail, dans un contexte où déjà quatre salariés sur dix font des heures supplémentaires, avec par exemple la possibilité de monétiser la cinquième semaine de congés payés», avait déclaré Astrid Panosyan-Bouvet.
Un discours qui pouvait paraître cohérent avec celui tenu par François Bayrou lors de la présentation de son plan d'économies, puisque le Premier ministre avait insisté sur le fait que la France «ne produit pas et ne travaille pas assez».
«Ce n'est pas dans le plan»
Pourtant, ce jeudi, le ministre de l'Economie a dit découvrir cette mesure. Interrogé à ce sujet par des journalistes, Eric Lombard a répondu : «Je n'ai pas vu ça dans nos propositions. Ce n'est pas dans le plan, cela dit on prend les idées mais celle-là je ne l'ai pas vue et elle n'est pas prévue».
Pourtant, dans la journée, Astrid Panosyan-Bouvet a réitéré, donnant des précisions sur ce projet qui consiste selon elle à donner le droit à un travailleur «qui déciderait de son plein gré de ne pas prendre la 5e semaine de congés payés, que celle-ci lui soit "rachetée" par son entreprise». Elle compare ce principe à celui qui existe déjà depuis 2022 pour les RTT.
Cette option «resterait à la main de chaque salarié : il continue naturellement d’avoir droit à cette 5e semaine de congés payés et décide s’il souhaite ou non la prendre ou bien se la faire racheter. Il faut que l’employeur et le salarié soient d’accord pour le rachat de tout ou partie de cette 5e semaine».
« Monétiser la 5e semaine de congés payés » : de quoi parle-t-on ?
❌ Ce que ce n’est (absolument) pas :
- Une mesure ou une décision unilatérale du @gouvernementFR, dont les paramètres sont fixés à l’avance
- Une suppression de la 5ème semaine de congés payés
- Un principe… pic.twitter.com/Sg2L5p3eHy— Astrid Panosyan-Bouvet (@AstridPanosyan) July 17, 2025
L'idée doit être «proposée aux partenaires sociaux pour qu'ils négocient dessus», assure la ministre du Travail. Il ne s'agit absolument pas «d'une mesure ou d'une décision unilatérale du gouvernement dont les paramètres sont fixés à l'avance», a-t-elle écrit sur X, pas plus qu'une «suppression de la 5e semaine de congés payés» ou «une obligation pour tous les travailleurs».
L'insistance d'Astrid Panosyan-Bouvet ne devrait pas plaire aux syndicats qui ont vivement réagi à l'idée d'une monétisation des congés payés. Mercredi, l'Unsa avait fustigé «un grave retour en arrière» tandis que la CFDT classait la mesure dans le «musée des horreurs qui a été ouvert au moment de la présentation de ce qui pourrait être fait sur le droit du travail».
Sur France Inter, la secrétaire générale du premier syndicat français, Marylise Léon, avait insisté : «Aujourd’hui, le sujet numéro un, c’est la question effectivement du pouvoir d’achat, mais ce n’est pas aux salariés eux-mêmes de se payer un peu plus de marge de manœuvre pour boucler les fins de mois en rognant sur leurs congés».