Alors que la 2e circonscription de Paris attire toutes les convoitises, avec des candidatures de Michel Barnier, Rachida Dati ou encore Thierry Mariani, la gauche semble penser à Quitterie de Villepin, candidate sans étiquette en 2022, pour se joindre à la bataille. L'officialisation de sa candidature pourrait avoir lieu ce mardi.
Sur les 18 circonscriptions parisiennes, la deuxième, où se jouera à l'automne une législative partielle, fait l'objet de multiples convoitises. Si la droite devrait se livrer à une habituelle guerre fratricide, avec les candidatures de Michel Barnier et de Rachida Dati, le Rassemblement national compte jouer les trouble-fêtes en envoyant Thierry Mariani dans la bataille.
À gauche, Quitterie de Villepin, qui s’était présentée sans étiquette en 2022, a proposé ses services. Les socialistes, en vertu d'un accord négocié du temps du NFP, doivent choisir ce mardi 22 juillet quel candidat représentera la gauche à ce scrutin.
«Cette législative partielle est l’occasion inespérée de montrer que la gauche peut s’unir exactement comme à l’été 2024 contre les forces réactionnaires, anti écologistes, pour la protection des populations, pour une fiscalité juste, dans une circonscription dite ingagnable. C’est ce que je souhaite incarner, la fidélité à cet esprit qui montre qu’ensemble, avec les forces sociales, écologistes, et de la société civile organisée, on peut gagner et déjouer tous les pronostics», a-t-elle affirmé sur Instagram.
Débuts à l'UDF en 2003
Quitterie de Villepin est une femme politique française, née le 8 avril 1978. Diplômée d’une école de commerce, l'ESSCA, elle s'est fait connaître dans les années 2000 pour divers engagements associatifs pour des causes environnementales et climatiques, avant de se lancer en politique à l’UDF, devenant porte-parole des jeunes UDF et responsable de la communication digitale de François Bayrou à la présidentielle de 2007. Elle a annoncé finalement voter Ségolène Royal après la défaite au premier tour de son candidat.
Alors connue sous le nom de Quitterie Delmas, la jeune femme s’est ensuite vue refuser une investiture dans le 13e arrondissement aux législatives de 2007, avant de prendre de plus en plus de place au sein du parti centriste, devenu après la présidentielle le Mouvement démocrate (MoDem), jusqu’à se voir offrir une tête de liste aux élections européennes de 2009. Mais plutôt que d’accepter un mandat européen qui lui tendait les bras, elle a décidé, contre toute attente, de claquer la porte du MoDem.
Après avoir tenté de faire vivre la démocratie participative au sein du MoDem, elle a fait le choix de renouveler l’expérience à l’extérieur des partis politiques en contribuant notamment à la création d'initiatives citoyennes comme le mouvement #MaVoix en 2017 ou le collectif «Les Investies» 2020, qui entendent favoriser l’émergence de nouvelles candidates citoyennes en politique.
associer les citoyens au travail législatif
En 2022, elle s'est présentée sans étiquette aux élections législatives dans la 2e circonscription de Paris avec l'objectif de rendre la «démocratie plus opérante» grâce à une nouvelle méthode : associer les citoyens au travail législatif en créant une assemblée locale délibérative de 100 personnes tirées au sort parmi les 100.000 habitants de sa circonscription. En cas de victoire, ces derniers devraient se réunir tous les mois pour élaborer avec leur députée les propositions de loi et des amendements présentés à l’Assemblée nationale.
Une initiative nouvelle, qui a provoqué suffisamment d’enthousiasme pour récolter 35.000 euros de dons issus de 165 donateurs, soit un don moyen de 212 euros par personne. Mais insuffisante pour gagner puisque Quitterie de Villepin a finalement terminé en 5e position du scrutin avec 5,42% des voix. Cette année, la potentielle candidate, proche de Lucie Castets, devrait reprendre sa stratégie citoyenne tout en y joignant une «boussole» climatique avec l’élan apporté par l’engouement massif des Français pour la pétition contre la loi Duplomb.
«La pétition historique pour l’abrogation de la loi Duplomb montre la puissance de mobilisation présente dans la société. Il faut tout mettre en oeuvre pour abroger cette loi qui ruine le principe de précaution, ainsi que le budget inacceptable, profondément injuste, rétrograde, et incapacitant du Premier ministre. Je suis prête à le faire face à Michel Barnier, si les partis en décident ainsi, et à mettre en mouvement les habitants et les habitantes de la 2e circonscription», a ainsi avancé la future candidate sur son compte Instagram.
«Je trouve responsable de prendre le temps pour faire le bon choix, dans le calme, la confiance et la sérénité, et ne pas offrir le spectacle désolant de la droite, qui illustre de manière limpide ce que tout le monde voit : aucune coalition de droite et du centre n’existe, ni au gouvernement, ni à Paris, ni dans le pays, c’est juste le bal des ambitions individuelles qui s’exprime. C’est une insulte aux électrices et aux électeurs. Pour réparer la démocratie, le combat de ma vie, il s’agit au contraire de les considérer, les écouter et les associer aux décisions», a-t-elle conclu.