Lundi, Emmanuel Macron doit reconnaître officiellement l’État de Palestine lors de l’Assemblée générale de l’ONU. Une décision préconisée par le rapport sur les Frères Musulmans et remis au ministère de l'Intérieur en mai dernier.
Une décision controversée. Ce lundi, la France, par la voix d'Emmanuel Macron, va reconnaître l’Etat de Palestine, aux côtés d’une dizaine de pays occidentaux, lors de la grande messe des Nations unies. Le 24 juillet dernier déjà, Emmanuel Macron avait annoncé sur ses réseaux sociaux que la France allait reconnaître l'État de Palestine lors de ce rendez-vous annuel de l’ONU. Depuis, certains l'accusent d'avoir «collaboré avec l'idéologie des Frères Musulmans».
En effet, cette reconnaissance était préconisée par le rapport sur les Frères Musulmans, révélé par Le Figaro en mai dernier. Un rapport qui avait été documenté par les services de renseignement et remis au ministre de l’Intérieur de l'époque Bruno Retailleau. Selon les auteurs du document transmis au ministère de l'Intérieur, «il existe un profond malaise de la communauté musulmane, qui perçoit la position française comme ouvertement favorable à Israël, dans le droit fil d'une supposée "islamophobie d'Etat"».
«Si cette perception, qui dépasse le simple cadre de la mouvance, ne résiste pas à l’examen, elle n’en est pas moins instrumentalisée par les acteurs fréristes», soulignaient les auteurs du rapport. «Afin de contrer ce narratif [...] la reconnaissance par la France d’un État palestinien aux côtés d’Israël dans des frontières sûres et reconnues pourrait être de nature à apaiser ces frustrations», poursuivaient-ils.
«On envoie un message : on a peur des Frères Musulmans»
Membre du Cerif, la Dr Yana Grishpun, a réagi à cette décision d'Etat : «On s'étonne de la préconisation de la fin de ce rapport pour guérir le mal. Pour les Frères Musulmans et dans cette idéologie dont le Hamas représente une branche palestinienne, il ne s'agit pas de créer un Etat mais de conquérir des terres qui ont naguère été propriété de l'islam qui ont été souillées par la présence juive».
La fondatrice de l'Institut du Discours a également ajouté : «Amadouer les Frères musulmans en satisfaisant cette demande, c'est collaborer avec cette idéologie». Elle a également déploré qu'«on envoie un signal très fort à cette communauté», «on leur dit qu'on a peur d'eux et qu'on va faire tout ce qu'ils demandent». Elle conclut en expliquant que «c'est un pas totalement fautif d'un point de vue intérieur comme extérieur».