Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a fustigé vendredi le manque d'"humanité" et de "compassion" pour les Palestiniens de la bande de Gaza qui traverse non seulement une crise humanitaire mais "une crise morale qui défie la conscience mondiale".
"Je ne peux pas expliquer le niveau d'indifférence et d'inaction que nous constatons chez trop de personnes dans la communauté internationale. Le manque de compassion. Le manque de vérité. Le manque d'humanité", a-t-il déclaré lors d'une intervention par vidéo à l'assemblée d'Amnesty International.
Le président américain Donald Trump a minimisé vendredi les déclarations de son homologue français Emmanuel Macron sur la reconnaissance d'un Etat palestinien, disant qu'elles n'avaient guère "de poids".
"Ce qu'il dit importe peu. C'est quelqu'un de très bien, je l'apprécie, mais cette déclaration n'a pas beaucoup de poids", a-t-il affirmé à la presse à la Maison Blanche peu avant son départ pour l'Ecosse.
Donald Trump a déclaré vendredi que le Hamas "ne voulait pas d'accord" après l'échec des négociations en vue d'un cessez-le-feu dans la bande de Gaza, et voulait "mourir".
"Le Hamas ne voulait pas vraiment conclure un accord. Je pense qu'ils veulent mourir. Et c'est très, très grave", a déclaré le président américain à des journalistes peu avant son départ pour l'Ecosse.
"On ne peut plus accepter massacres et famine" dans la bande de Gaza, a affirmé vendredi à Rome le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani, se refusant cependant à reconnaître à ce stade l'Etat palestinien comme va le faire la France.
"La reconnaissance d'un nouvel Etat palestinien doit avoir lieu en même temps que leur reconnaissance de l'Etat d'Israël", a-t-il estimé, s'attirant les critiques de l'opposition.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réaffirmé vendredi que le mouvement islamiste du Hamas faisait "obstacle" à un accord de libération des otages détenus dans la bande de Gaza.
"L'envoyé spécial au Moyen-Orient Steve Witkoff a vu juste. Le Hamas est l'obstacle à un accord de libération des otages", a-t-il déclaré dans un communiqué. "En collaboration avec nos alliés américains, nous étudions actuellement d'autres options pour ramener nos otages chez eux, mettre fin au règne terroriste du Hamas et garantir une paix durable pour Israël et notre région".
Le gouvernement allemand «n'envisage pas de reconnaître un Etat palestinien à court terme», a-il indiqué vendredi, un jour après l'annonce d'Emmanuel Macron de le faire en septembre à l'Onu.
Berlin «continue de considérer la reconnaissance d'un État palestinien comme l'une des dernières étapes vers la solution à deux États», précisé dans un communiqué le gouvernement allemand, rappelant que la sécurité d'Israël «revêt une importance primordiale» pour l'Allemagne.
Le président palestinien Mahmoud Abbas a salué vendredi comme "une victoire pour la cause palestinienne", l'annonce par le président français Emmanuel Macron de la reconnaissance prochaine d'un Etat de Palestine.
"Cela reflète l'engagement de la France à soutenir le peuple palestinien et ses droits légitimes à sa terre et sa patrie", a encore dit M. Abbas selon un communique de la président de l'Autorité palestinienne.
Sur les réseaux sociaux, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot s'est exprimé sur la reconnaissance de la Palestine par la France.
«Le Hamas a toujours refusé la solution à deux États. En reconnaissant la Palestine, la France donne tort à ce mouvement terroriste. Elle donne raison au camp de la paix contre celui de la guerre», a-t-il publié sur X ce vendredi.
Le Hamas a toujours refusé la solution à deux États. En reconnaissant la Palestine, la France donne tort à ce mouvement terroriste. Elle donne raison au camp de la paix contre celui de la guerre.
— Jean-Noël Barrot (@jnbarrot) July 25, 2025
La présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale Marine Le Pen a dénoncé la prise de position d'Emmanuel Macron sur une reconnaissance de l'État de Palestine.
«Reconnaître aujourd’hui un État palestinien, c’est reconnaître un État Hamas», a-t-elle publié sur X, indiquant qu'«il n’y a, dans ce geste, aucune fidélité à l’histoire de la France, bien au contraire, et encore moins un gage de paix pour Israël».
Reconnaître aujourd’hui un État palestinien, c’est reconnaître un État Hamas et donc un État terroriste. Il n’y a, dans ce geste, aucune fidélité à l’histoire de la France, bien au contraire, et encore moins un gage de paix pour Israël. Si l’espoir nous a toujours portés vers une…
— Marine Le Pen (@MLP_officiel) July 25, 2025
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé qu'un "entretien d'urgence" se tiendra dans la journée avec ses homologues français et allemand pour voir comment "arrêter les massacres (à Gaza) et fournir à la population la nourriture dont elle a désespérément besoin".
Si Keir Starmer semble prêt, sous plusieurs conditions, à suivre l'exemple d'Emmanuel Macron, l'Allemagne est quant à elle plus réfractaire et estime qu'une reconnaissance aujourd'hui serait "un mauvais signal".
"Il nous faut avancer dans un processus de paix durable", a estimé Laurent Saint-Martin, ministre chargé du Commerce extérieur et des Français de l'étranger, sur matin sur TF1.
Selon le ministre, la reconnaissance de l'Etat palestinien par la France est une action nécessaire pour trouver une solution quant à la situation humanitaire à Gaza.
"La question est la suivante: est-ce que la France peut faire basculer, par la reconnaissance de l'État de Palestine, l'Histoire et permettre un processus de paix durable? C'est ce que fait le président de la République."
L'annonce de la reconnaissance d'un Etat palestinien en septembre sans conditions préalables est une faute morale, une erreur diplomatique et un danger politique.
Il y a 3 mois, le Président de la République annonçait envisager de reconnaître un Etat palestinien, sous conditions…— CRIF (@Le_CRIF) July 24, 2025
Le Conseil représentatif des institutions juives de France a dénoncé jeudi sur X une "faute morale" après la décision d'Emmanuel Macron de reconnaître l'Etat de Palestine en septembre lors de l'Assemblée générale des Nations Unies.
L'annonce faite par le président de la République d'une reconnaissance d'un Etat palestinien "sans conditions préalables est une faute morale, une erreur diplomatique et un danger politique", écrit le Crif. Cette décision sera "brandie par le Hamas comme une victoire symbolique" et une "récompense du terrorisme du 7-Octobre", déplore l'organisation.
"En accordant aux Palestiniens en début de processus ce qu'ils doivent obtenir à la fin, cette reconnaissance prématurée incitera la partie palestinienne à ne plus faire aucun compromis, favorisant l'échec de futures négociations", juge le Crif.
En France, l'annonce de cette reconnaissance "galvanisera LFI qui a fait de Gaza un slogan électoral et tous les agitateurs antisémites qui dévoient la cause palestinienne pour justifier de s'en prendre aux Français juifs", ajoute-t-il.
"Exiger que les conditions minimales soient réunies pour sa reconnaissance, ce n'est pas rejeter un Etat palestinien, c'est favoriser le jour venu une paix juste et durable", conclut-il.
Le président du RN Jordan Bardella a qualifié jeudi de "précipitée" la décision d'Emmanuel Macron de reconnaître l'Etat de Palestine lors de l'Assemblée générale des Nations unies en septembre.
Si une solution à deux États est l'horizon à atteindre, la reconnaissance d'un État palestinien par Emmanuel Macron dans quelques jours accordera au Hamas, mouvement terroriste islamiste, une légitimité institutionnelle et internationale inespérée.
Il s'agit d'une décision…— Jordan Bardella (@J_Bardella) July 24, 2025
Les Etats-Unis ont "fermement" rejeté jeudi le projet du président français Emmanuel Macron de reconnaître un Etat palestinien, parlant d'une décision "imprudente" qui fait reculer la paix.
"Cette décision imprudente ne sert que la propagande du Hamas et fait reculer le processus de paix. C'est un camouflet pour les victimes du 7 octobre", a déclaré le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio sur le réseau X.
L'Arabie saoudite a salué vendredi la décision "historique" du président français Emmanuel Macron de reconnaître un Etat de Palestine, et a appelé les autres pays à prendre "des mesures positives similaires".
"Le Royaume salue cette décision historique qui réaffirme le consensus de la communauté internationale sur le droit du peuple palestinien à l'autodétermination et à l'établissement d'un Etat indépendant sur les frontières de 1967", a écrit le ministère saoudien des Affaires étrangères dans un communiqué.