Un étudiant en droit originaire du Tarn s'est fait escroquer 580 euros en tombant dans le piège de l'«arnaque à l'irlandaise», qui fait de nombreuses victimes chaque année.
Malgré les nombreuses mises en garde des forces de l'ordre concernant l’«arnaque à l’irlandaise», notamment à l'approche de vacances scolaires, de nombreux Français continuent de se faire avoir par cette escroquerie bien rodée. Un étudiant albigeois de 21 ans en a récemment fait les frais, ayant perdu 580 euros.
Alors qu'il marchait vers l'Université Toulouse Capitole comme tous les jours, il a été abordé le 16 octobre dernier par un individu, qui «avait entre 40 et 50 ans, les yeux bleus, costaud et assez grand, avec un fort accent irlandais». «Il m’a parlé exclusivement en anglais et m’a demandé si je le comprenais. Il semblait dans une grande détresse», a-t-il confié à Midi Libre.
L'homme a prétendu s'être fait voler son portefeuille contenant tous ses papiers dans un bar et avoir besoin d'argent pour les refaire et rentrer rapidement en Irlande. Il a alors proposé au jeune homme de retirer de l’argent au distributeur pour lui, promettant en contrepartie un virement instantané sur l’application bancaire.
«Si j’avais été à sa place, j’aurais aimé que quelqu’un m’aide, reprend-il. Il m’a montré qu’il avait un solde de 3 000 livres sterling sur son compte et m’a promis un virement immédiat. Il m’a alors donné son numéro, m’a contacté sur WhatsApp, et m’a envoyé la photo de son passeport ainsi qu’une prétendue preuve du virement effectué sur mon IBAN», a ajouté l'étudiant.
Une escroquerie bien rodée
Après 20 minutes d’échange, il lui a remis 580 euros «sans vraiment réfléchir, sans me méfier». «Il m’a dit que c’était normal qu’il ne soit pas instantané, car sa banque était à l’étranger et que ça prendrait 3-4 heures maximum». Victime de l’«arnaque à l’irlandaise», le jeune homme ne récupérera jamais cette somme.
Il a ensuite déposé plainte, comme de nombreuses personnes qui se font avoir chaque année par cette escroquerie, notamment répandue sur les aires d'autoroutes pendant les vacances. En août dernier, la police nationale de Maine-et-Loire avait alerté, sur son compte Facebook, sur la reprise de cette arnaque lors des congés d'été. Le principe reste le même, reposant sur la bienveillance des automobilistes, avec des malfaiteurs, bien habillés et parlant un anglais parfait, abordant leurs victimes.
Selon les forces de l'ordre, les individus se présentent comme des touristes anglais, prétextant une panne sur leur véhicule. Titulaires de papiers irlandais, ils demandent alors de l’argent liquide – des centaines d’euros – pour pouvoir rentrer chez eux, promettant de les rembourser.
Bien souvent, des enfants les accompagnent, pour attendrir encore davantage les victimes. Pour les convaincre, ils donnent volontiers des coordonnées – adresse, numéro de téléphone et parfois même compte bancaire - pour les joindre en vue du futur remboursement. Sauf que les coordonnées sont évidemment fausses et les victimes ne seront donc jamais remboursées.
davantage de cas lors des vacances scolaires
L’arnaque à l’irlandaise survient particulièrement lors des périodes de vacances scolaires, où les aires de repos sont très fréquentées.
L'origine de cette escroquerie remonterait à une affaire de 2016. Un jeune couple irlandais - d'où son nom très probablement - avait été arrêté par la police française dans le sud de la France après avoir soutiré d'importantes sommes d'argent à des touristes âgés en leur faisant croire qu'ils se retrouvaient sans rien après le vol de leur voiture et de leur caravane.
Les escrocs, qui s'étaient également montrés violents avec leurs victimes, avaient été interpellés à l'issue d'une vaste opération policière lors de laquelle une trentaine d'agents avaient été postés sur des aires de la très fréquentée autoroute A7.
L'arnaque s'est ensuite répandue, la présence de très nombreux touristes en France pouvant expliquer la multiplication des cas. Pour les forces de l’ordre, il est presque impossible de retrouver les escrocs.