Le nombre de drogues consommées en France n'a jamais été aussi important. En 2025, certains nouveaux produits sont venus alimenter le marché de l'Hexagone, diversifiant une offre en constante explosion, selon l'OFAST.
«Un tsunami blanc», selon Bruno Retailleau. Le ministre de l'Intérieur, déplorant le fléau que constitue le trafic de drogue en France, pointe notamment du doigt l'arrivée de nouveaux produits sur le territoire. En plus de la cocaïne, dont la consommation augmente et des drogues douces, toujours aussi appréciées, d'autres stupéfiants gagnent du terrain.
Dans son rapport paru cette semaine, l'OFAST, chef de file de la lutte contre le trafic de stupéfiants en France, constate un marché global des drogues en France qui s'est considérablement diversifié ces dix dernières années. A l'image de la cocaïne, dont la qualité (pureté) s'améliore et le prix baisse, l'augmentation de la production mondiale et l'accélération de la vitesse de circulation de ces produits illicites permettent à de nouveaux psychoactifs de conquérir le marché français.
La «cocaïne rose»
La cocaïne rose, «pink powder», «tuci» ou encore «tucibi» fait référence au 2C-B. Il s'agit d'une poudre arrivée illégalement en Europe à partir de 2021. Selon des analyses scientifiques, cette cocaïne de couleur rose pastel (d'où son nom) est un mélange de kétamine et de MDMA ou de méthamphétamine, avec parfois d'autres substances. Elle s'avère plus chère que la cocaïne classique, avec un prix fluctuant entre 60 euros et 100 euros le gramme. En 2024, les autorités en ont saisi 5,4kg en France.
La «B 13» ou «DOU»
De son nom complet nitazène, la «B 13» ou le «Dou», avait notamment fait parler en 2023 pour avoir causé la mort de 3 personnes à la Réunion, des suites d'une overdose. Cette substance, importée d'Asie ou bien des Pays-Bas a en effet d'abord fait son apparition sur l'île de l'Océan Indien en France avant de se démocratiser en métropole. Cette drogue se consomme grâce à une pipe à eau ou à crack, le gramme se trouvant autour de 300 euros. Son trafic reste limité.
Khat Arbuste
Le Khat Arbuste est le nom d'une plante originaire du Yémen et d'Ethiopie, dont les feuilles contiennent des principes comme la cathinone, aux effets stimulants et euphorisants comparables à l'amphétamine. Elles peuvent notamment soulager la fatigue et la faim. Très consommées des pays où le Khat pousse naturellement, elles ont été exportées par ces mêmes pays, depuis l'Afrique de l'Est et le sud de la péninsule arabique. En France, en 2024, les autorités ont mis la main sur 403kg de Khat.
Protoxyde d'azote
Dès 2023, la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et conduites addictives condamnait «l’usage détourné du protoxyde d’azote, une pratique à risques de plus en plus répandue». Légal, ce gaz était notamment utilisé en médecine comme anesthésique. Il est donc commercialisé en cartouches métalliques, pour un prix dérisoire (moins d'un euro). Certains lycéens en ont fait leur produit favori, permettant euphorie soudaine et fugacité. En 2022, l'OFAST estimait que 2,3% des jeunes de 17 ans l'avaient testé.
Kétamine
La kétamine, anesthésiant médical, est une poudre blanche qui peut se consommer sous forme liquide ou de comprimés, en sniffant, ingérant ou injectant son contenu. Elle est considérée comme un produit stupéfiant depuis 1997. Elle permet d'obtenir une sensation de relaxation et de réduction de la fatigue. Mais quand elle est prise avec régularité, elle entraîne des défaillances cardiaques et des problèmes rénaux. Elle se vend à 30 euros le gramme, souvent en provenance des Pays-Bas, de Belgique et d'Espagne. Selon les autorités, son trafic est en augmentation : une hausse de 7% en région parisienne de 2023 à 2024.
La MDMA et les NPS
De plus en plus connue, cette drogue peut s'apparenter à des comprimés (ecstasy) ou bien des cristaux. Elles ont pour effet d'atténuer la fatigue et la faim, de provoquer un sentiment d’euphorie et d’hyperconcentration et de confiance en soi. Pour ces raisons, elle est très prisée des milieux de la nuit. Ses principes sont notamment copiés par certains produits de synthèse encore plus récents comme les NPS, très consommés chez les jeunes. Ces «nouveaux produits de synthèse» (NPS) sont d'autant plus dangereux qu'ils peuvent être commandés légalement en ligne et arriver directement à l'adresse de l'acheteur. Ils peuvent même être plus puissants et plus addictifs que les drogues imitées. La MDMA ne cesse de gagner des parts de consommateurs : en 2025, il elle est passée de 1% à 1,8% parmi les adultes (18-64 ans) de 2000 à 2023.
Le GHB
Le GHB, aussi appelé «drogue du violeur» ou encore «ecstasy liquide», n'en partage pourtant pas les effets. Au contraire de la drogue précitée, il entraîne l'ébriété, la désinhibition, l'augmentation de la libido, la sédation et l'euphorie. Sa vente a été interdite à partir de 2011, après qu'une vague de ce produit initialement fabriqué en Chine ne soit arrivé sur l'Hexagone. Tout comme la MDMA, il est populaire du milieu festif et est souvent associé à la communauté LGBTQIA+ et au phénomène chemsex25.