La baignade a été temporairement interdite sur plusieurs plages de la côte basque à cause de la galère portugaise, ou physalie. Venimeux, cet organisme marin doit être évité.
Elle a tout l'air d'une méduse mais c'est un leurre. La Physalia physalis, aussi appelée «vessie de mer» ou «galère portugaise», fait en réalité partie des siphonophores marins. Sa présence en grand nombre a entraîné la fermeture de plusieurs plages sur la côte basque.
Ces organismes marins se distinguent des méduses par leur morphologie et organisation. Les siphonophores marins sont constitués d'une colonie de polypes ou zoïdes, soutenue à la surface par un flotteur.
Les tentacules de la galère portugaise peuvent atteindre 50 mètres de long et lui servent notamment à capturer ses proies. Elles sont munies de capsules urticantes mais aussi de micro-harpons chargés de venin.
Voilà pourquoi les plages sont généralement fermées lorsque la présence de vessies de mer est détectée : la piqûre de cet animal marin est réputée très douloureuse pour l'homme et peut même entraîner un état de choc.
En dehors de la brûlure et de l'urticaire, la victime peut aussi développer d'autres symptômes comme des douleurs musculaires, des difficultés respiratoires, des vomissements ou encore une défaillance rénale. Lors d'une exposition importante au venin, susceptible de provoquer un choc allergique sévère, le risque d'arrêt cardiaque est réel.
D'après les recherches du Dr Magali Oliva-Labadie, cheffe de service du centre anti-poison au CHU de Bordeaux, les complications graves comme la tétanie musculaire voire la détresse respiratoire pouvant entraîner la noyade, surviennent «dans 8 à 10% des cas».
Sept patients sur dix décrivent une douleur très forte, pour certains «pire qu'un accouchement sans péridurale ou qu'une colique néphrétique». Mais elle ne dure pas longtemps, en général une à deux heures.
Sable, eau salée et mousse à raser
«Quatre-cinq» cas graves, sans détresse respiratoire, ont été dénombrés ces dernières semaines sur le littoral aquitain. La physalie a notamment sévit sur le plage de l'Uhabia, à Bidart, mais aussi à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques) et dans les Landes.
En cas de piqûre, il est recommandé de se signaler auprès des maître-nageurs sauveteurs et/ou d'appeler le 15. Il faut frotter la plaie avec du sable mouillé puis la rincer à l'eau salée, avant d'appliquer de la mousse à raser pour racler les résidus de filaments avec une spatule en bois ou même une carte bancaire. Enfin, la peau doit être lavée avec de l'eau de mer, si possible vinaigrée. Une étude récente en Espagne a en effet prouvé l'efficacité du vinaigre pour limiter l'envenimation.
A noter que les physalies restent venimeuses même après leur échouage. Lorsqu'elles sont trouvées mortes sur une plage il ne faut donc pas s'en approcher, mais plutôt les signaler et éviter de se baigner car d'autres sont sans doute présentes dans l'eau.
D'après Elvire Antajan, chercheuse à l'Ifremer, les physalies vivent dans les eaux tropicales des Caraïbes, du Golfe du Mexique et suivent les courants chauds du Gulf Stream. Elles ont été «rabattues» sur le littoral aquitain par de forts vents entre fin juin et mi-juillet, mais l'épisode n'a «rien d'exceptionnel», selon la spécialiste.