Un membre présumé du grand banditisme s'est fait voler sa montre de luxe de plusieurs milliers d'euros à Saint-Tropez (Var) dimanche 10 août. Les suspects ont été interpellés moins d'une heure après les faits.
Ironie du sort pour Joseph Menconi. La figure emblématique des braquages de fourgons dans les années 1990-2000 s'est fait dérober sa montre de luxe dimanche dernier à Saint-Tropez (Var). Quatre prévenus, poursuivis pour «vol en bande organisée», ont comparu au tribunal de Draguignan jeudi 14 août.
Selon les informations de nos confrères du Parisien, les faits se sont produits sur la place des Lices alors que le criminel à la retraite participait à un concours de pétanque caritatif. Sa montre Richard Mille, valant plus de 100.000 euros, lui a été violemment arrachée.
Les suspects, quatre Napolitains membres présumé de gangs organisés, ont été appréhendés 45 minutes plus tard dans un McDonald's à Sainte-Maxime.
Parmi eux, seuls Salvatore, Mariano, et Pietro, approchant tous la trentaine, ont reconnu les faits devant le tribunal. Mauricio, 68 ans, dont trente ans derrière les barreaux, a nié toute implication.
45 minutes de cavale
Tandis que l'ADN de l'un des suspects avait déjà été identifié l'année dernière après le vol d'une montre, toujours à Saint-Tropez, d'une touriste mexicaine, Salvatore était justement recherché pour des actes commis à Cannes (Alpes-Maritimes) en mai dernier.
Le groupe avait utilisé de fausses identités pour louer deux véhicules, dont un scooter T-Max, et un logement Airbnb situé aux Arcs, dans l'arrière-pays plutôt que sur la côte.
Un voleur a admis avoir «fait une grosse bêtise», tout en présentant ses excuses, avec ses deux complices, «auprès de la République française, et auprès du monsieur», faisant référence à Joseph Menconi, supposé membre du gang mafieux corse de la Brise de mer. Ce dernier, connu des meurtres, braquages et blanchiment d'argent, a fait trembler l'île de Beauté et la France pendant près de trois décennies ans.
Le braqueur, qui s'est constitué partie civile, a profité de la délibération pour échanger en italien avec ses assaillants dans une atmosphère détendue. «Qu'est-ce que vous voulez. Avec la vie que j'ai eue, c’est normal que j'éprouve de la peine pour eux», a-t-il déclaré.
Le procureur de Draguignan, Pierre Couttenier, a requis et obtenu le placement en détention provisoire des quatre Napolitains avant leur procès prévu en octobre.
Une hausse des vols à l’arraché depuis le début de l'été
Ce vol à l'arraché s'est inscrit dans une série d'agressions similaires dans le golfe de Saint-Tropez depuis le début de l'été. Un producteur de films suédois avait également visé par une tentative de vol vendredi 8 août, toujours à Saint-Tropez. Il avait néanmoins réussi à échapper aux deux individus qui tentaient de lui arracher sa montre estimée à 300.000 euros, avec l'aide de son chauffeur VTC.
En réaction, le préfet du Var a annoncé le renfort exceptionnel de CRS depuis mardi 12 août pour patrouiller dans les rues de la ville aux côtés d'une équipe déjà renforcée depuis le début de la saison.
«31 gendarmes ont été positionnés en renfort depuis le début de la saison estivale, en particulier 13 militaires supplémentaires détachés au profit de la brigade de Saint-Tropez, qui s'ajoutent aux 115 effectifs de la compagnie de gendarmerie de Gassin – Sant-Tropez», a-t-il rappelé dans un communiqué.
Un groupe d'enquête spécialisé (GES) a également été formé au sein de la brigade de recherche, spécifiquement chargé des investigations concernant ces vols avec violence.