Alors que La France insoumise a indiqué son intention de participer au mouvement «Bloquons tout le 10 septembre», le Parti socialiste a lui temporisé quant à sa présence à ces rassemblements visant à protester contre les coupes budgétaires voulues par François Bayrou.
Venus d’horizons divers, des appels à «tout bloquer» en France le 10 septembre prochain se sont multipliés, en réponse aux coupes budgétaires souhaitées par François Bayrou dans son budget pour 2026.
Alors que certains ont comparé les intentions de ces rassemblements à ceux des Gilets jaunes, d’autres se sont interrogés sur l’origine politique de ce mouvement, l’accusant d’être porté par l’extrême droite, aux relents parfois complotistes.
Si les Insoumis ont réfuté cette hypothèse, appelant à participer à ces mobilisations partout dans l’Hexagone, le Parti socialiste a pris un peu plus de distance, tout en suivant de près la situation.
Invité sur le plateau de Franceinfo, Chloé Ridel, députée européenne et porte-parole du Parti socialiste, a confié avoir «compris l’exaspération» à l’origine du mouvement, reconnaissant que celui-ci restait cependant «assez flou».
«Le produit d’une politique d’Emmanuel Macron»
Si le PS n’a pas encore fait savoir s’il participerait à ces rassemblements, il a fait savoir, par le biais de Chloé Ridel, qu’il «regardait cette initiative avec beaucoup d’intérêt».
«C'est l'expression d'une exaspération populaire légitime quand le Parlement n'arrive plus à fonctionner, quand tous les budgets sont adoptés à coups de 49-3», a jugé l’eurodéputée. «Les Gilets jaunes aussi bien que le mouvement du 10 septembre, c'est le produit d'une politique d'Emmanuel Macron, un style de pouvoir autoritaire descendant».
Alors que la rentrée politique risque d’être marquée par des tensions liées à l’examen du budget pour l’année 2026, et la volonté de François Bayrou de supprimer deux jours fériés, Chloé Ridel a assuré que le Parti socialiste censurerait ce budget à l’automne s’il reste «en l'état».
Les Ecologistes derrière le mouvement
Du côté des Ecologistes, Marine Tondelier a estimé que «l'avenir de notre pays se joue dans les mouvements d'ampleur annoncés à la rentrée», comme le mouvement de blocage du 10 septembre, et a appelé mercredi dans Libération à les soutenir, tout en refusant toute «récupération».
Interrogée pour savoir si elle soutenait le mouvement du 10 septembre, Marine Tondelier a expliqué avoir «plaidé dès le mois de juillet» auprès des instances de son parti «pour que nous soyons en soutien de cette mobilisation mais aussi de toutes les autres qui se préparent avec les partenaires sociaux».