Malgré son apparente tranquillité, le village d’Arignac, en Haute-Ariège, est, chaque jour, le théâtre d'un passage incessant de voitures issues de la RN20, qui relie Andorre. Pour les habitants, le coupable de ces nuisances est le GPS, qui propose cette route comme itinéraire bis aux conducteurs.
Une pollution sonore à laquelle les habitants de ce village ne s'attendaient pas. Arignac (Ariège) est situé sur une route départementale, nichée au pied des Pyrénées. Cela ne pourrait être qu'un détail, si elle n'avait pas des allures de grand axe routier.
Chaque jour, les 700 habitants de la commune assistent à un défilé de véhicules. «Les jours de forte affluence, comme le vendredi ou le samedi, on peut compter jusqu’à 4.000 voitures en moyenne», explique Philippe Pujol, maire du village, à La Dépêche.
«En été, dès que la RN20 est saturée, on voit passer un ruban ininterrompu de voitures, tous les jours et toute la journée, déplorent plusieurs habitants. Et l’hiver, avec les week-ends de ski, c’est la même histoire». Pour expliquer cette affluence, ils pointent un responsable : le GPS.
La municipalité réagit
La RN20 est la route principale reliant Toulouse à l’Andorre. Cette dernière se retrouve régulièrement engorgée à l’approche de Tarascon-sur-Ariège, notamment l'été. Et dès que les bouchons se forment, les GPS proposent un itinéraire bis, qui emprunte la route départementale traversant Arignac.
Problème : une fois que les conducteurs «connaissent le trajet, ils n’ont même plus besoin de GPS pour revenir», déplore le maire.
Alors, pour contrer ce phénomène, la municipalité a pris des mesures drastiques : depuis la fin du mois de juillet, deux passages surélevés ont vu le jour aux extrémités d’une longue ligne droite, complétés par une chicane à l’entrée du village.
Le but : briser la vitesse, surtout à proximité de l’école. «Nous avons relevé des pointes à plus de 100 km/h sur la grande route du village, constate le maire. On veut obliger les conducteurs à lever le pied, mais ce n’est pas gagné», précise-t-il.
Mais malgré ces mesures, les nuisances continuent d'inquiéter les habitants. «C’est dangereux, on vit au bord de la route», se désole enfin l'un d'entre eux.