Ce mercredi, Élisabeth Borne tiendra sa première conférence de presse de rentrée. Un moment clé, à une semaine de la reprise des cours, alors que l'Éducation nationale s'attend à être confrontée à des suppressions de postes.
La ministre de l’Éducation nationale prépare une rentrée compliquée. Ce mercredi, Élisabeth Borne donnera la traditionnelle conférence de presse de rentrée. Un moment particulièrement attendu, où planera la menace des suppressions de postes dans le cadre du prochain budget.
Et pour cause : le Premier ministre François Bayrou a dressé un portrait alarmiste sur les économies du pays, afin de trouver les 44 milliards d'euros manquants. Pour y parvenir, l'Éducation nationale risque de subir des coupes budgétaires.
Autre préoccupation de cette rentrée : la lutte contre les violences faites dans les écoles. Un décret gouvernemental, paru le 3 juillet dernier, prévoit que tout élève portant une arme blanche sera désormais systématiquement convoqué devant le conseil de discipline de son collège ou de son lycée.
En cette rentrée, la vigilance sera donc renforcée, alors que certaines classes devraient également fermer. Selon la FSU-SNUipp, pour l'année scolaire qui débute, 470 postes ont été supprimés et entraîneront, «plus de 2.000 fermetures de classes».
«hors de question qu'il y ait des suppressions de postes sur le budget 2026»
Si le cabinet de la ministre de l'Éducation nationale ne s'est pas prononcé concernant le budget, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, avait annoncé, à la mi-juillet, au Sénat, qu'il fallait «qu'on adapte notre service public à la démographie. Quand vous avez 21 % de naissances de moins, je ne dis pas qu'il faut 21 % de professeurs de moins. Mais vous voyez bien que la carte scolaire dans les zones urbaines va nécessairement amener à une forme de constat du fait qu'on ne va pas recruter le même nombre de professeurs».
De son côté, Elisabeth Borne a indiqué, en mai dernier, qu'il était important que les marges de manœuvre dégagées par la baisse démographique soient «mobilisées pour améliorer l'accompagnement des élèves».
La semaine dernière, Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, syndicat d'enseignants dans les collèges et lycées, a affirmé au micro de France Inter, qu'il était «hors de question qu'il y ait des suppressions de postes sur le budget 2026. S'il y en a, bien évidemment qu'on se mobilisera». Le SNES-FSU a déjà déposé un préavis de grève pour tout le mois de septembre. Une intersyndicale de l'éducation se réunira mercredi prochain.
«On n'aura vraisemblablement pas un prof devant chaque classe à la rentrée ni tout au long de l'année», a-t-elle ajouté, «car les concours de recrutement n'ont pas fait le plein».
Discussions autour des projets pédagogiques et des sorties scolaires
D'autres questions restent en suspens concernant le budget, notamment en lien avec les sorties scolaires, ou le pacte enseignant. Ce dernier est désormais réservé à des enseignants qui acceptent des missions de remplacement au pied levé ou qui s'engagent dans le dispositif «devoirs faits» au collège. En dehors de ces deux priorités gouvernementales, le financement des autres missions a été drastiquement réduit.
Les discussions en cours laissent à penser qu'elles pourraient affecter tout à la fois les rémunérations des enseignants, les conditions d'apprentissage des élèves et l'organisation des opérateurs de l'Éducation nationale. L'allocution d'Elisabeth Borne sera donc attendue au tournant.