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«Ce rendez-vous n’était pas un café entre amis» : accusés de connivence avec le PS, Thomas Legrand et Patrick Cohen se défendent

Patrick Cohen (M) et Thomas Legrand (D) sont accusés de connivence avec le PS pour faire barrage à Rachida Dati dans son accession à la mairie de Paris. [GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP]

Embourbés dans une vive polémique après la diffusion d'un extrait vidéo d'une conversation filmée à leur insu, les journalistes Patrick Cohen et Thomas Legrand réfutent toute connivence avec le PS à l'encontre de Rachida Dati, ministre et surtout candidate à la mairie de Paris.

C'est un article publié par L'Incorrect qui a mis le feu aux poudres. Vendredi 5 septembre en fin de journée, le média a mis en ligne des enregistrements vidéo d'une conversation privée entre les journalistes Patrick Cohen et Thomas Legrand attablés dans un restaurant parisien avec Luc Broussy, président du Conseil national du PS et l'eurodéputé Pierre Jouvet. Dans ces extraits, filmés à l'insu des quatre protagonistes, on peut entendre Thomas Legrand, depuis suspendu de France inter à titre conservatoire, déclarer : «Nous, on fait ce qu'il faut pour Dati, Patrick (Cohen) et moi.»

Que faut-il comprendre ? Pour l'Incorrect, le sens de cette phrase ne fait guère de doute. «La stratégie est on ne peut plus claire», estime le magazine papier fondé par Jacques de Guillebon, Laurent Meeschaert, Benoît Dumoulin et Arthur de Watrigant. Avant de détailler : «Utiliser les médias publics, financés avec l'argent du contribuable, pour descendre Dati», et ainsi freiner l'actuelle ministre de la Culture dans sa course à la mairie de Paris, elle qui a été investie par Les Républicains (LR) pour (enfin) gagner les élections dans la capitale, tenue d'une main de fer par la gauche depuis 2001 et la victoire de Bertrand Delanoë du Parti socialiste (PS).

pas question de jeter l'opprobre sur «l'ensemble d'une profession»

Une version contestée par Patrick Cohen et Thomas Legrand dans un article publié par Le Monde à la mi-journée ce dimanche. «Cette rencontre était tout le contraire d'une réunion conspirative», se défend ainsi Patrick Cohen. «Ce rendez-vous n'était pas un café entre amis», complète Thomas Legrand. «Luc Broussy, avec lequel j'échange régulièrement, et Pierre Jouvet, que je ne connaissais pas, avaient sollicité ce café pour nous reprocher de ne pas être sympas, dans nos articles et éditoriaux, avec Olivier Faure», le secrétaire national du PS.

Selon Thomas Legrand, évincé de la radio publique dans la foulée de la parution de l'article, les extraits diffusés ne reflètent en aucun cas la réalité des conversations qui ont eu lieu ce jour-là : «Que Patrick (Cohen) dans ses éditoriaux ou moi dans les miens nous occupions journalistiquement de Rachida Dati, c'est vrai», admet-il, soulignant la qualité purement professionnelle de sa démarche.

Sur Twitter, le journaliste que l'on a pas entendu sur les ondes ce dimanche en rajoute une couche. «La chimie des relations faite de proximité et de distance, entre presse et politique, est complexe et repose sur le professionnalisme et l'honnêteté des journalistes». En clair, pas question de jeter l'opprobre sur «l'ensemble d'une profession» en utilisant «une vidéo volée». «Ceux et celles qui tomberont dans ce piège évident fouleront les principes qui fondent notre espace public, à commencer par celui de la liberté de la presse», a-t-il prévenu.

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