Depuis plusieurs mois déjà, les violences et les règlements de compte se sont multipliés à Clermont-Ferrand, à tel point que les habitants ne reconnaissent plus leur ville. Certains prennent donc des mesures drastiques, pour se protéger au mieux.
Une solution radicale face à l'insécurité. Alors que les violences liées au narcotrafic ont explosé dans de nombreuses villes françaises, les équipes de CNEWS se sont rendues à Clermont-Ferrand, dans une maison aux allures de prison. Et pour cause, la propriétaire des lieux s'est barricadée pour empêcher les guetteurs de monter sur les murs.
Cette femme a livré un témoignage édifiant à notre micro : «Il y a un guetteur qui s'est introduit à l'intérieur des arbres. Lorsque je l'ai pris en photo, il m'a sauté dessus pour me voler mon téléphone. Depuis, on avait tellement peur, puisque ma fille de 11 ans était présente, qu'on a fait installer du fil concertina, qui est du barbelé de prison extrêmement tranchant pour les empêcher de venir sur les murs et dans les arbres», explique-t-elle.
une maison devenue invendable
Cette propriété se situe dans le quartier de la gare de Clermont-Ferrand. À 20 mètres des lieux, se trouve un point de deal. Depuis un an, le quotidien de cette femme et de sa famille est devenu invivable : «Ma fille, qui rentre à pied de l'école avec sa nourrice, est équipée d'alarmes, de bombes lacrymogènes légales. Elles ont très peur puisqu'ils nous menacent quand ils voient qu'on les prend en photo ou qu'on appelle la police. Les plus jeunes sont les plus virulents donc oui on a très très peur, c'est certain», ajoute-t-elle.
Malgré l'insécurité, il lui est impossible de quitter son logement, son bien ayant perdu de la valeur. Elle résiste donc, malgré la peur : «C'est invivable. Vous ne dormez pas... C'est une telle insécurité, qui viendrait acheter à Clermont-Ferrand dans ce quartier aujourd'hui ?», interroge-t-elle.
Les riverains espèrent que les pouvoirs publics prendront des mesures fortes. Clermont-Ferrand compte cinq points de deal dont certains accueillent jusqu'à 700 clients par jour.
En déplacement dans la ville vendredi, le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau a annoncé des renforts policiers pour faire face au «déchaînement de violences» lié au narcotrafic.