Marine Le Pen et Jordan Bardella ont tous deux prononcé un discours ce dimanche 14 septembre, à l'occasion du grand meeting de rentrée du Rassemblement national à Bordeaux (Gironde).
«Après huit ans de mandat d'Emmanuel Macron, les Français aspirent à une autre politique», a déclaré Marine Le Pen, ce dimanche 14 septembre, devant 7.000 militants venus assister au meeting de rentrée du Rassemblement national (RN) à Bordeaux. La cheffe de file du parti s'est exprimée juste avant Jordan Bardella, président du RN.
Après la chute du gouvernement Bayrou, tous deux ont insisté sur la nécessité de laisser place à l'alternance, celle du RN. Une alternance qu'ils veulent construire autour de plusieurs priorités : le rétablissement des comptes publics, la relance du pouvoir d'achat, le retour de l'ordre et la refonte des prestations sociales.
La dissolution de l'Assemblée nationale
Dans son discours, Marine Le Pen a dressé un bilan très sombre des deux mandats d'Emmanuel Macron. «Son pouvoir ne se maintient plus que pas des tours de foire, il est usé jusqu'à la corde, c'est un pouvoir sans souffle, sans vision, sans plus aucune assise populaire».
Meeting du RN : Jordan Bardella demande à Emmanuel Macron de «dissoudre l’Assemblée nationale» pic.twitter.com/BHkEv6PuCG
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Citant «les milliards de dette», «l'effondrement du pouvoir d'achat» ou encore «le déclassement de la France», la cheffe de file du RN a affirmé que le pays se retrouve aujourd'hui «coincé entre deux forces qui souhaitent toutes deux le blocage» : le bloc macroniste d'une part et «les Che Guevaristes de carnaval» de La France insoumise d'autre part.
La situation de la France se résume, selon elle, à «des problèmes d'une incontestable gravité mais des solutions d'une indéniable clarté». «La solution à court terme c'est de dissoudre l'Assemblée nationale», pour «retrouver un gouvernement aligné sur les exigences des Français», a déclaré Marine Le Pen. Avant d'ajouter : lorsque le nouveau gouvernement sera censuré, «vous aurez le pouvoir de faire de Jordan (Bardella, ndlr) votre Premier ministre».
Des «gouffres financiers»
Lors de son discours, Jordan Bardella a promis un «contre budget» permettant «d'économiser des dizaines de milliards d'euros». Cela passe entre autres par la suppression des «centaines d'agences d'Etat dont personne ne connait franchement le rôle», mais aussi par «la réduction de la contribution à l'Union européenne», qui a «encore augmenté de 6 milliards d'euros cette année».
«Nous fermerons le robinet» de l'aide publique au développement, a aussi affirmé Jordan Bardella. Cela correspond aux 12 milliards d'euros que la France verse chaque année «à des états étrangers, parfois des pays hostiles comme l'Algérie».
Meeting du RN : «Notre première priorité sera naturellement le rétablissement des comptes publics», dévoile Marine Le Pen pic.twitter.com/w3QzwRJCIA
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Concernant les tensions avec Alger, Marine Le Pen a par ailleurs proposé le «triple zéro» pour tous les pays «qui bafouent la France et ses intérêts». Cela signifie «zéro aides publiques au développement, zéro transfert de fonds privés et zéro visa».
Le président du RN a aussi identifié l'audiovisuel public comme un «gouffre financier» coûtant «plus de 4 milliards d'euros chaque année» à la France. Dénonçant une «tv publique pléthorique, partisane et militante» il a lancé : «nous privatiserons l'audiovisuel public».
La limitation des prestations sociales
Qualifiant la France de «guichet social de l'Europe», Jordan Bardella a fustigé l'aide médicale d'état qui, chaque année, coûte «plus d'un milliard d'euros» au pays. «Si demain les Français nous accordent leur confiance, la gratuité totale des soins pour les étrangers en situation irrégulière, c'est terminé», a-t-il assuré.
Terminées aussi «les allocations familiales pour tout le monde, a continué le président du RN. Elles seront réservées aux familles dont au moins l'un des deux parents est de nationalité française». Même chose pour le RSA, dont l'attribution aux «étrangers» sera conditionnée «à cinq années de travail sur le sol français».
Le RN veut également mettre fin à «la préférence étrangère dans les HLM». Les «citoyens français seront prioritaires et il ne sera plus possible de bénéficier d'un HLM ou d'une aide sociale avec un casier judiciaire long comme le bras», a précisé Jordan Bardella.
Immigration
Marine Le Pen a énoncé, parmi les priorités pour la France, le rétablissement de l'ordre aux frontières et dans la rue via la réduction des flux migratoires ainsi que la mise en place «d'une politique d'expulsion performante et effective».
Jordan Bardella a déploré le «coût colossal de l'immigration», citant le chiffre de 500.000 immigrés entrant légalement sur le sol français chaque année. «Sur ce demi-million, seulement 50.000 viennent pour travailler, a avancé le président du RN. Que font les 450.000 autres et surtout qui paye ?».
«Il y aura une règle simple, a-t-il poursuivi. Un étranger qui travaille, qui contribue et respecte la France, pourra toujours trouver sa place dans le pays sans avoir la moindre inquiétude. Mais un étranger qui ne travaille pas au bout de six mois ne pourra pas renouveler son visa et devra quitter le territoire français».