Alors qu'il a déjà commencé à recevoir, à Matignon, vendredi, les partenaires sociaux, le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu accueille les organisations patronales CPME et U2P, ces lundi et mardi.
Une nomination express mardi et déjà des rendez-vous dans tous les sens. C'est dire les nombreuses tâches qui attendent le Premier ministre. Dans son nouveau fief, à Matignon, Sébastien Lecornu reçoit ce lundi, mais aussi mardi, plusieurs organisations patronales, avec en vue des discussions autour du budget et de la dette.
En amont, Patrick Martin, le patron du Medef, qui s'était déjà entretenu avec le Premier ministre durant plus de deux heures vendredi, a envoyé, la veille, une lettre aux autres partenaires sociaux, syndicats et organisations patronales, pour les inviter à la discussion autour notamment du financement du modèle social.
Si ces derniers pourraient déjà avoir gain de cause dans une de leur demande, l'annulation de la suppression des deux jours fériés annoncée par François Bayrou, le CPME et l'U2P se rendront tout de même à Matignon ces lundi et mardi.
«Nos concitoyens disent une chose simple : le travail doit payer. Je retire donc du précédent projet de budget la suppression de deux jours fériés. Pour réduire notre déficit, nous trouverons d'autres sources de financement, en protégeant toujours en priorité les fruits du travail des Français», a indiqué dimanche Sébastien Lecornu sur X.
Nos concitoyens disent une chose simple : le travail doit payer.
Je retire donc du précédent projet de budget la suppression de deux jours fériés.
Pour réduire notre déficit, nous trouverons d’autres sources de financement, en protégeant toujours en priorité les fruits du…— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) September 14, 2025
Une décision appréciée par le Medef, mais surtout l'U2P qui, l'a saluée : «Cette suppression aurait mis à mal les secteurs de l’hôtellerie restauration et du tourisme (...). Par ailleurs la mesure consistant à demander à ceux qui travaillent de travailler plus sans gagner plus, est inacceptable».
La menace d'une «grande mobilisation patronale»
Au-dessus de ces discussions du jour planera une menace : celle d'une «grande mobilisation patronale». Samedi, le président du Medef, Patrick Martin, a prévenu que cette dernière pourrait être organisée si les impôts des entreprises étaient augmentés dans le cadre du budget 2026.
«Les entreprises ne peuvent pas supporter de nouveaux impôts ou des hausses d’impôts supplémentaires. Au contraire, il est même urgent de desserrer le frein à main pour relancer l'investissement», a déclaré le dirigeant de la première organisation patronale française, dans les colonnes du Parisien, avant de réitérer ses menaces : «Si les impôts augmentent, il y aura une grande mobilisation patronale au-delà du Medef».
Patrick Martin a également dénoncé «une forme de spoliation» dans la taxe dite Zucman réclamée par la gauche. «Ce serait un frein terrible à l’investissement et à la prise de risque pour les entreprises», a-t-il affirmé.
Mais au-delà de cette mesure souhaitée par le PS, Patrick Martin a estimé que les propositions budgétaires socialistes auraient «un effet récessif» dans une conjoncture économique déjà difficile.
A noter également, la CGT, la CFTC et la CFE-CGC sont attendues ce lundi pour discuter avec le nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, à Matignon.